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Document présent dans la catégorie Littérature

Littérature

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Chateaubriand, "Mémoires d'outre-tombe", La vie à Combourg (Livre 3 - Chapitre 3)

Littérature | 1.5 pages | 03-04-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 1.80€ |
Résumé

Commentaire composé semi-rédigé de "La vie à Combourg" issu du chapitre 3 du livre 3 des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand.

Extrait:

La vie décrite par Chateaubriand relève d'une vie qui n'est pas en accord avec le 19ème siècle. Ils vivent à l'ancienne. La vie entière du château tourne autour des manies et des rituels du père (...)

Sommaire:

Introduction

I) Une atmosphère austère
II) La description du père

Conclusion

Texte analysé:

Les soirées d'automne et d'hiver étaient d'une autre nature. Le souper fini
et les quatre convives revenus de la table à la cheminée, ma mère se
jetait, en soupirant, sur un vieux lit de jour de siamoise flambée ; on
mettait devant elle un guéridon avec une bougie. Je m'asseyais auprès du
feu avec Lucile ; les domestiques enlevaient le couvert et se retiraient.
Mon père commençait alors une promenade, qui ne cessait qu'à l'heure de
son coucher. Il était vêtu d'une robe de ratine blanche, ou plutôt d'une
espèce de manteau que je n'ai vu qu'à lui. Sa tête, demi-chauve, était
couverte d'un grand bonnet blanc qui se tenait tout droit. Lorsqu'en se
promenant, il s'éloignait du foyer, la vaste salle était si peu éclairée par
une seule bougie qu'on ne le voyait plus ; on l'entendait seulement encore
marcher dans les ténèbres : puis il revenait lentement vers la lumière et
émergeait peu à peu de l'obscurité, comme un spectre, avec sa robe
blanche, son bonnet blanc, sa figure longue et pâle. Lucile et moi, nous
échangions quelques mots à voix basse, quand il était à l'autre bout de la
salle ; nous nous taisions quand il se rapprochait de nous. Il nous disait,
en passant : " De quoi parliez-vous ? " Saisis de terreur, nous ne
répondions rien ; il continuait sa marche. Le reste de la soirée, l'oreille
n'était plus frappée que du bruit mesuré de ses pas, des soupirs de ma
mère et du murmure du vent.
Dix heures sonnaient à l'horloge du château : mon père s'arrêtait ; le
même ressort, qui avait soulevé le marteau de l'horloge, semblait avoir
suspendu ses pas. Il tirait sa montre, la montait, prenait un grand
flambeau d'argent surmonté d'une grande bougie, entrait un moment
dans la petite tour de l'ouest, puis revenait, son flambeau à la main, et
s'avançait vers sa chambre à coucher, dépendante de la petite tour de
l'est. Lucile et moi, nous nous tenions sur son passage ; nous
l'embrassions en lui souhaitant une bonne nuit. Il penchait vers nous sa
joue sèche et creuse sans nous répondre, continuait sa route et se retirait
au fond de la tour, dont nous entendions les portes se refermer sur lui.
Le talisman était brisé ; ma mère, ma soeur et moi transformés en
statues par la présence de mon père, nous recouvrions les fonctions de la
vie. Le premier effet de notre désenchantement se manifestait par un
débordement de paroles : si le silence nous avait opprimés, il nous le
payait cher.


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