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Chateaubriand, "Mémoires d'outre-tombe", "Sur Venise" (Chapitre 18)

Littérature | 2.5 pages | 03-04-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 1.80€ |
Résumé

Commentaire composé semi-rédigé de l'extrait "Sur Venise" issu du chapitre 18 des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand.


Extrait:

A l'époque, le Lido n'est pas encore une station balnéaire mais une étroite et longue bande de terre qui sépare Venise de l'Adriatique. Dans la description, le regard va et vient de l'horizon à la page, de la mer au sable, attiré surtout par "l'immensité pélagienne" (...)

Sommaire:

Introduction

I) Un paysage d'état d'âme

A. La plage du Lido
B. Une grisaille mélancolique

II) Une méditation amère

A. A la recherche du passé
B. Le songe assombri

Conclusion


Texte analysé:

Il n'est sorti de la mer qu'une aurore ébauchée et sans sourire. La
transformation des ténèbres en lumière, avec ses changeantes merveilles,
son aphonie et sa mélodie, ses étoiles éteintes tour à tour dans l'or et les
roses du matin, ne s'est point opérée. Quatre ou cinq barques serraient le
vent à la côte ; un grand vaisseau disparaissait à l'horizon. Des mouettes
posées, marquetaient en troupe la plage mouillée ; quelques-unes
volaient pesamment au-dessus de la houle du large. Le reflux avait laissé
le dessin de ses arceaux concentriques sur la grève. Le sable guirlandé de
fucus, était ridé par chaque flot, comme un front sur lequel le temps a
passé. La lame déroutante enchaînait ses festons blancs à la rive
abandonnée.
J'adressai des paroles d'amour aux vagues, mes compagnes : ainsi que de
jeunes filles se tenant par la main dans une ronde, elles m'avaient entouré
à ma naissance. Je caressai ces berceuses de ma couche ; je plongeai
mes mains dans la mer ; je portai à ma bouche son eau sacrée, sans en
sentir l'amertume : puis je me promenai au limbe des flots, écoutant leur
bruit dolent, familier et doux à mon oreille. Je remplissais mes poches de
coquillages dont les Vénitiennes se font des colliers. Souvent je m'arrêtais
pour contempler l'immensité pélagienne avec des yeux attendris. Un mat,
un nuage, c'était assez pour réveiller mes souvenirs.
Sur cette mer j'avais passé il y a longues années ; en face du Lido une
tempête m'assaillit. Je me disais au milieu de cette tempête " que j'en
avais affronté d'autres, mais qu'à l'époque de ma traversée de l'océan
j'étais jeune, et qu'alors les dangers m'étaient des plaisirs [Itinéraire.
(N.d.A.)] ". Je me regardais donc comme bien vieux lorsque je voguais
vers la Grèce et la Syrie ? Sous quel amas de jours suis-je donc enseveli ?


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