Résumé
Bref commentaire composé de l'extrait
Les Misères issu du poème "Les Tragiques" de Théodore Agrippa d'Aubigné.
Extrait:
Dès le premier vers en alexandrin, le poète annonce clairement et solennellement son intention : "Je veux peindre la France une mère affligée" :
- Le terme "peindre" suppose bien une construction progressive, à la manière d'un tableau.
- (...)
Sommaire:
Biographie de Théodore Agrippa d'Aubigné et introduction
I) LE RECIT D'UN EPISODE TYPE DE LA RESISTANCE
A. L'image de la mère nourricière
B. Le registre de la violence physique
C. L'union des 2 thèmes dans la prosopopée finale
II) LES PROCEDES D'AMPLIFICATION
A. Figures de l'exagération
B. Reprises de type anaphorique produisant de puissants effets oratoires
C. Les rythmes confèrent aussi de l'ampleur à l'évocation
III) L'ENGAGEMENT D'AUBIGNE EN FAVEUR D'UN CAMP
A. Utilisation des figures bibliques pour marquer son engagement personnel dans le conflit
B. Une seule vraie victime : la France
Poème étudié:
Je veux peindre la France une mere affligee,
Qui est entre ses bras de deux enfans chargee.
Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts
Des tetins nourriciers, puis à force de coups,
D'ongles, de poings, de pieds il brise le partage
Dont nature donnoit à son besson l'usage ;
Ce volleur acharné, cet Esau malheureux
Faict degast du doux laict qui doit nourrir les deux,
Si que, pour arracher à son frère la vie,
Il mesprise la sienne et n'en a plus d'envie.
Mais son Jacob, pressé d'avoir jeusné meshui,
Ayant dompté longtemps en son coeur son ennui,
A la fin se defend, et sa juste colere,
Rend à l'autre un combat dont le champ est la mere.
Ni les souspirs ardents, les pitoyables cris,
Ni les pleurs rechauffez ne calment leurs esprits ;
Mais leur rage les guide et leur poison les trouble,
Si bien que leur courroux par leurs coups se redouble.
Leur conflicts se r'allume, et fait si furieux,
Que d'un gauche malheur ils se crevent les yeux.
Cette femme esploree, en sa douleur plus forte,
Succombe à la douleur, mi-vivante, mi-morte ;
Elle void les mutins tous deschirez, sanglans,
Qui, ainsi que du coeur, des mains se vont cerchans.
Quand, pressant à son sein d'un' amour maternelle,
Celui qui a le droit et la juste querelle,
Elle veut le sauver, l'autre qui n'est pas las
Viole en poursuivant l'asile de ses bras.
Adonc se perd le laict, le suc de sa poictrine ;
Puis, aux derniers abois de sa proche ruine,
Elle dit, "Vous avez, felons, ensanglanté,
Le sein qui vous nourrit et qui vous a porté ;
Or vivez de venin, sanglante geniture,
Je n'ai plus que du sang pour vostre nourriture."
En partenariat avec
Fichesdelecture.com