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Littérature

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Voltaire, "Le Monde comme il va", "Les lettrés"

Littérature | 2.5 pages | 31-03-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 1.80€ |
Résumé

Commentaire composé semi-rédigé de l'extrait, Les lettrés issu de l'oeuvre de Voltaire : "Le Monde comme il va".

Extrait:

· Le comportement des lettrés :
- "Il en vint deux fois plus" : les mauvais lettrés s'invitent.
- Comparaisons péjoratives avec des insectes : "comme les guêpes que le miel attire", "ces parasites", "cette vermine", rabaissant les lettrés.
- (...)

Sommaire:

Introduction

I) Les mauvais lettrés et leurs livres

A. Reproches faits aux mauvais lettrés
B. Reproche des livres

II) Eloge des bons lettrés

A. Qualité du lettré, qualité du philosophe
B. Il y a du bon et du mauvais chez les hommes

Conclusion

Texte analysé:

VIII. Retiré chez lui, il envoya chercher des livres nouveaux pour adoucir
son chagrin, et il pria quelques lettrés à dîner pour se réjouir. Il en vint
deux fois plus qu'il n'en avait demandé, comme les guêpes que le miel
attire. Ces parasites se pressaient de manger et de parler; ils louaient
deux sortes de personnes, les morts et eux-mêmes, et jamais leurs
contemporains, excepté le maître de la maison. Si quelqu'un d'eux disait
un bon mot, les autres baissaient les yeux et se mordaient les lèvres de
douleur de ne l'avoir pas dit. Ils avaient moins de dissimulation que les
mages, parce qu'ils n'avaient pas de si grands objets d'ambition. Chacun
d'eux briguait une place de valet et une réputation de grand homme ; ils
se disaient en face des choses insultantes, qu'ils croyaient des traits
d'esprit. Ils avaient eu quelque connaissance de la mission de Babouc.
L'un d'eux le pria tout bas d'exterminer un auteur qui ne l'avait pas assez
loué il y avait cinq ans ; un autre demanda la perte d'un citoyen qui
n'avait jamais ri à ses comédies ; un troisième demanda l'extinction de
l'académie, parce qu'il n'avait jamais pu parvenir à y être admis. Le repas
fini, chacun d'eux s'en alla seul, car il n'y avait pas dans toute la troupe
deux hommes qui pussent se souffrir, ni même se parler ailleurs que chez
les riches qui les invitaient à leur table. Babouc jugea qu'il n'y aurait pas
grand mal quand cette vermine périrait dans la destruction générale.
IX. Dès qu'il se fut défait d'eux, il se mit à lire quelques livres nouveaux. Il
y reconnut l'esprit de ses convives. Il vit surtout avec indignation ces
gazettes de la médisance, ces archives du mauvais goût, que l'envie, la
bassesse et la faim ont dictées ; ces lâches satires où l'on ménage le
vautour, et où l'on déchire la colombe ; ces romans dénués d'imagination,
où l'on voit tant de portraits de femmes que l'auteur ne connaît pas.
Il jeta au feu tous ces détestables écrits, et sortit pour aller le soir à la
promenade. On le présenta à un vieux lettré qui n'était point venu grossir
le nombre de ses parasites. Ce lettré fuyait toujours la foule, connaissait
les hommes, en fesait usage, et se communiquait avec discrétion. Babouc
lui parla avec douleur de ce qu'il avait lu et de ce qu'il avait vu.
Vous avez lu des choses bien méprisables, lui dit le sage lettré; mais dans
tous les temps, dans tous les pays, et dans tous les genres, le mauvais
fourmille, et le bon est rare. Vous avez reçu chez vous le rebut de la
pédanterie, parce que, dans toutes les professions, ce qu'il y a de plus
indigne de paraître est toujours ce qui se présente avec le plus
d'impudence. Les véritables sages vivent entre eux retirés et tranquilles ;
il y a encore parmi nous des hommes et des livres dignes de votre
attention. Dans le temps qu'il parlait ainsi, un autre lettré les joignit ;
leurs discours furent si agréables et si instructifs, si élevés au-dessus des
préjugés et si conformes à la vertu, que Babouc avoua n'avoir jamais rien
entendu de pareil. Voilà des hommes, disait-il tout bas, à qui l'ange Ituriel
n'osera toucher, ou il sera bien impitoyable.


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