Résumé
Commentaire composé semi-rédigé sur le poème
Spleen LXXVIII tiré de la section "Spleen et Idéal" de
Les Fleurs du Mal.
Extrait:
- Vers la fin de la section "Spleen et Idéal", 4 poèmes, les pièces 75, 75, 77 et 78 portent toutes le même titre
Spleen. Chacun présente un visage différent de l'ennui qui accable le poète.
- Ce poème est le dernier des quatre
Spleen et peut-être le plus terrible, le plus angoissant, délirant. Le poète en fait un monstre que l'homme doit craindre. Il entretient avec l'homme et en particulier avec le poète (qui se met en cause personnellement dans le texte) des liens de domination quasi vampirique et le maintient dans un état d'aliénation qui brise toute espérance et toute forme d'inspiration.
(...)
Sommaire:
Introduction
I) Le récit d'un combat
A. Construction du poème
B. Double postulation
II) Précisions sur la nature du Spleen
A. Les symptômes de l'enfermement et de l'étouffement
B. Un combat intérieur
Conclusion
Poème:
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.