Résumé
Commentaire composé semi-rédigé sur
Les Petites Vieilles, poème de Charles Baudelaire.
Extrait:
- La vieillesse, avec ses drames, sa solitude, est un sujet rarement abordé par la poésie traditionnelle. Celle-ci se tourne plutôt vers la beauté « classique », l'épanouissement de la maturité physique ; elle préfère les hommes et les femmes en bonne santé, sur le malheur desquels, le lecteur, peut-être, s'apitoiera davantage.
(...)
Sommaire:
Introduction
I) La vie urbaine
A. Une vision antithétique
B. L'hyperurbanisation et ses conséquences
II) Des femmes symboliques
A. Des femmes au visage double
B. Des femmes, phares de leur époque
III) Le regard du poète
A. Un regard attendri
B. Le poète voyant
Conclusion
Poème:
IV
Telles vous cheminez, stoïques et sans plaintes,
A travers le chaos des vivantes cités,
Mères au cœur saignant, courtisanes ou saintes,
Dont autrefois les noms par tous étaient cités.
Vous qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloire,
Nul ne vous reconnaît ! un ivrogne incivil
Vous insulte en passant d'un amour dérisoire ;
Sur vos talons gambade un enfant lâche et vil.
Honteuses d'exister, ombres ratatinées,
Peureuses, le dos bas, vous côtoyez les murs ;
Et nul ne vous salue, étranges destinées !
Débris d'humanité pour l'éternité mûrs !
Mais moi, moi qui de loin tendrement vous surveille,
L'œil inquiet, fixé sur vos pas incertains,
Tout comme si j'étais votre père, ô merveille !
Je goûte à votre insu des plaisirs clandestins :
Je vois s'épanouir vos passions novices ;
Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus ;
Mon cœur multiplié jouit de tous vos vices !
Mon âme resplendit de toutes vos vertus !
Ruines ! ma famille ! ô cerveaux congénères !
Je vous fais chaque soir un solennel adieu !
Où serez-vous demain, Eves octogénaires,
Sur qui pèse la griffe effroyable de Dieu ?