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Littérature

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Voltaire, "L'Ingénu", Chapitre 3 (la conversion de l'Ingénu)

Littérature | 4.5 pages | 28-03-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté |

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Commentaire détaillé d'un extrait du chapitre 3 de L'Ingénu de Voltaire : la conversion du Huron (de "Le prieur résolut enfin (...)" à "(...) puisque le baptême tenait lieu de tout."). Texte, notes explicatives, développement semi-rédigé en trois parties et sous-parties, éléments pour l'introduction et la conclusion.

Sommaire:

Texte
Notes explicatives
Eléments pour l'introduction

I) Le récit dramatisé d'un épisode typique d'un conte : une situation d'apprentissage

A. Une situation d'apprentissage typique du conte
B. La naïveté et la soif d'apprentissage du héros, typiques du conte
C. La dramatisation du récit
D. Une pointe de merveilleux

II) Un apprentissage comique (la parodie du conte merveilleux par le conte philosophique)

A. La naïveté exacerbée du héros
B. Les interventions comiques du narrateur (parodie du conte)
C. Une conversion burlesque
D. Le renversement comique dee la situation

III) La critique religieuse

A. L'arbitraire des sacrements
B. La désacralisation de la Bible et la mise en évidence du fanatisme qui découle de la Bible
C. L'obstination de convertir (intolérance religieuse), le cynisme et la vanité de la religion
D. L'égale légitimité des religions, d'où l'appel voltairien à la tolérance

Conclusion

Texte étudié:

(...) Le prieur résolut enfin de lui faire lire le Nouveau Testament. L'Ingénu le dévora avec
beaucoup de plaisir ; mais, ne sachant ni dans quel temps ni dans quel pays toutes les aventures rapportées dans ce livre étaient arrivées, il ne douta point que le lieu de la scène ne fût en Bassse-Bretagne ; et il jura qu'il couperait le nez et les oreilles à Caïphe et à Pilate si jamais il rencontrait ces marauds-là.
Son oncle, charmé de ces bonnes dispositions, le mit au fait en peu de temps ; il loua son zèle, mais il lui apprit que ce zèle était inutile, attendu que ces gens-là étaient morts il y avait environ seize cent quatre-vingt-dix années. L'Ingénu sut bientôt presque tout le livre par coeur. Il proposait quelquefois des difficultés qui mettaient le prieur fort en peine. Il était obligé souvent de consulter l'abbé de Saint- Yves qui, ne sachant que répondre, fit venir un jésuite bas-breton pour achever la conversion du huron. Enfin la grâce opéra ; l'Ingénu promit de se faire chrétien ; il ne douta pas qu'il ne dût commencer par être circoncis : « Car, disait-il, je ne vois pas dans le livre qu'on m'a fait lire un seul personnage qui ne l'ait été ; il est donc évident que je dois faire le sacrifice de mon prépuce : le plus tôt c'est le mieux. » Il ne délibéra point. Il envoya chercher le chirurgien du village et le pria de lui faire l'opération, comptant réjouir infiniment mademoiselle de Kerkabon et toute la compagnie quand une fois la chose serait faite. Le frater, qui n'avait point encore fait cette opération, en avertit la famille, qui jeta les hauts cris. La bonne Kerkabon trembla que son neveu, qui paraissait résolu et expéditif, ne se fît lui-même l'opération très maladroitement, et qu'il n'en résultât de tristes effets auxquels les dames s'intéressent toujours par bonté d'âme. Le prieur redressa les idées du Huron ; il lui remontra que la circoncision n'était plus de mode, que le baptême était beaucoup plus doux et plus salutaire, que la loi de grâce n'était pas comme la loi de rigueur. L'Ingénu, qui avait beaucoup de bon sens et de droiture, disputa, mais reconnut son erreur, ce qui est assez rare en Europe aux gens qui disputent ; enfin il promit de se faire baptiser quand on
voudrait. Il fallait auparavant se confesser, et c'était là le plus difficile. L'Ingénu avait toujours en poche le livre que son oncle lui avait donné. Il n'y trouvait pas qu'un seul apôtre se fût confessé, et cela le rendait très rétif. Le prieur lui ferma la bouche en lui montrant, dans l'épître de saint Jacques le Mineur, ces mots qui font tant de peine aux hérétiques : Confessez vos péchés les uns aux autres. Le Huron se tut, et se confessa à un récollet. Quand il eut fini, il tira le récollet du confessionnal, et saisissant son
homme d'un bras vigoureux, il se mit à sa place et le fit mettre à genoux devant lui : « Allons, mon ami, il est dit : Confessez-vous les uns aux autres ; je t'ai conté mes péchés, tu ne sortiras pas d'ici que tu ne m'aies conté les tiens. » En parlant ainsi, il appuyait son large genou contre la poitrine de son adverse partie. Le récollet pousse des hurlements qui font retentir l'église. On accourt au bruit, on voit le catéchumène qui gourmait9 le moine au nom de saint Jacques le Mineur. La joie de baptiser un Basbreton huron et anglais était si grande qu'on passa par-dessus ces singularités. Il y eut même beaucoup de théologiens qui pensèrent que la confession n'était pas nécessaire, puisque le baptême tenait lieu de
tout.


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