Résumé
Commentaire détaillé du poème en prose
Voiles au port de M. Proust (extrait de
Les Plaisirs et les Jours). Situation du texte, développement semi-rédigé en trois parties et sous-parties, éléments pour la conclusion sont présents.
Extrait:
Dans le port étroit et long comme une chaussée d'eau entre ses quais peu élevés où brillent les lumières du soir, les passants s'arrêtaient pour regarder, comme de nobles étrangers arrivés de la veille et prêts à repartir, les navires qui y étaient assemblés. Indifférents à la curiosité qu'ils excitaient chez une foule dont ils paraissaient dédaigner la bassesse ou seulement ne pas parler la langue, ils gardaient dans l'auberge humide où ils s'étaient arrêtés une nuit, leur élan silencieux et immobile. La solidité de l'étrave1 ne parlait pas moins des longs voyages qui leur restaient à faire que ses avaries des fatigues qu'ils avaient déjà supportées sur ces routes glissantes, antiques comme le monde et nouvelles comme le passage qui les creuse et auquel elles ne survivent pas. Frêles et résistants, ils étaient tournés avec une fierté triste vers l'Océan qu'ils dominent et où ils sont comme perdus. La complication merveilleuse et savante des cordages se reflétait dans l'eau comme une intelligence précise et prévoyante plonge dans la destinée incertaine qui tôt ou tard la brisera. Si récemment retirés de la vie terrible et belle dans laquelle ils allaient se retremper demain, leurs voiles étaient molles encore au vent qui les avait gonflées, leur beaupré2 s'inclinait obliquement sur l'eau comme hier encore leur démarche, et, de la proue à la poupe, la courbure de leur coque semblait garder la grâce mystérieuse et flexible de leur sillage (...).
Sommaire:
Situation du texte
I) La description picturale des navires au repos dans un port
A. La description générale d'un port et de ses navires
B. Une description esthétique et picturale : une marine élogieuse
C. La description mélancolique d'un havre de paix
II) Un poème en prose qui propose une vision symbolique des navires en pastiche baudelairien
A. Une prose poétique pour mimer la grâce des navires et des navires qui sont à l'image du texte (un jeu de miroir)
B. Une personnification des navires : les navires, symboles des hommes
C. Un pastiche de « L'albatros » : les navires, symboles des écrivains
III) Un dépassement de la condition humaine en général et de la condition d'écrivain en particulier par le voyage et par la beauté
A. Le constat de la condition éphémère des hommes et la condition difficile des écrivains
B. Une « invitation au voyage » (invitation à « mettre les voiles ») et au rêve (nouveau clin d'œil à Baudelaire)
C. Une invitation à la beauté : la beauté du navire, symbole de la beauté artistique
Éléments pour la conclusion