Résumé
Commentaire composé sur un extrait de l'acte III scène 3 de la pièce de Shakespeare
Hamlet : le monologue du Roi.
Extrait:
On donne la parole au Roi qui va informer les spectateurs et non Hamlet. Il y a une place centrale dans la pièce. Le passage se situe à la scène 3 de l'acte III. C'est l'aveu du crime du Roi aux spectateurs qui jusqu'ici se posaient des questions. Ils vont désormais en avoir la certitude. Hamlet n'est toujours pas au courant de cette information. C'est un monologue sans témoin, contrairement à celui d'Hamlet. Le Roi est seul avec le public et va se livrer à une véritable confession (...)
Texte étudié:
Merci, mon cher seigneur ! (Sort Polonius.) Oh ! ma faute
fermente ; elle infecte le ciel même ; elle porte avec elle la première, la
plus ancienne malédiction, celle du fratricide !... Je ne puis pas prier,
bien que le désir m'y pousse aussi vivement que la volonté ; mon crime
est plus fort que ma forte intention ; comme un homme obligé à deux
devoirs, je m'arrête ne sachant par lequel commencer, et je les néglige
tous deux. Quoi ! quand sur cette main maudite le sang fraternel ferait
une couche plus épaisse qu'elle-même, est-ce qu'il n'y a pas assez de
pluie dans les cieux cléments pour la rendre blanche comme neige ?. A
quoi sert la pitié, si ce n'est à affronter le visage du crime ?.
Et qu'y a-t-il dans la prière, si ce n'est cette double vertu de nous
retenir avant la chute, ou de nous faire pardonner après ?. Levons donc
les yeux ; ma faute est passée. Oh ! mais quelle forme de prière peut
convenir à ma situation ?... Pardonnez-moi mon meurtre hideux !... Cela
est impossible, puisque je suis encore en possession des objets pour
lesquels j'ai commis le meurtre : ma couronne, ma puissance, ma femme.
Peut-on être pardonné sans réparer l'offense ?. Dans les voies
corrompues de ce monde, la main dorée du crime peut faire dévier la
justice ; et l'on a vu souvent le gain criminel lui-même servir à acheter
la loi.
Mais il n'en est pas ainsi là-haut : là, pas de chicane ; là, l'action se
poursuit dans toute sa sincérité ; et nous sommes obligés nous-mêmes,
dussent nos fautes démasquées montrer les dents, de faire notre
déposition. Quoi donc ! qu'ai-je encore à faire ?. Essayer ce que peut le
repentir ?.
Que ne peut-il pas ?. Mais aussi, que peut-il pour celui qui ne peut pas se
repentir ?. ô situation misérable ! ô conscience noire comme la mort ! ô
pauvre âme engluée, qui, en te débattant pour être libre, t'engages de
plus en plus !
Au secours, anges, faites un effort ! Pliez, genoux inflexibles ! Et toi,
coeur, que tes fibres d'acier soient tendres comme les nerfs d'un enfant
nouveau-né ! Puisse tout bien finir ! (Il se met à genoux à l'écart.)
Entre Hamlet.