Résumé
Dissertation de Philosophie ayant pour sujet : Les faits parlent-ils d'eux-mêmes ? Les arguments sont développés suivant une progression claire et logique. Les références utilisées proviennent aussi bien de la Philosophie que de l'actualité ou de l'Histoire de l'Art. Les notions-clefs abordées sont la Perception, l'Existence, l'Histoire et la Conscience.
Extrait:
Annoncer que les faits parlent d'eux-mêmes c'est leur donner une consistance tangible, une certaine matérialité qu'un fait, une suite d'événements contingents ou non, n'a apparemment pas. Mais qu'est-ce qu'un “fait” ? Est-ce un événement qui par son importance se détache de la temporalité et mérite dès lors sa place dans le panthéon journalistique ? Est-il proprement “fait” au sens d'achevé et était-il donc mué par une finalité ? On parle de “faits-divers” pour une collection d'actions insolites ou moindres et que l'on retranscrit brièvement dans les colonnes. Justement, ces faits, ces événements inscrits dans une temporalité avant tout humaine puisque c'est le sujet qui choisit de les distinguer de la masse des petits riens du quotidien, sont-ils aussi transparents qu'on le suppose ? S'ils parlent d'eux-mêmes, cela implique qu'il n'est pas nécessaire de commenter, que ce fait se distingue comme une scène de genre à la David devant laquelle le spectateur a le sentiment rassurant de compréhension. Ces faits ont-ils un langage singulier et par quels moyens nous offrent-ils l'entendement ? D'ailleurs, que retire-t-on de cette “connaissance des faits”, pour paraphraser l'expression ? Le sujet face aux faits doit-il précisément les vivre ou peut-il a posteriori encore les appréhender ? Si les faits parlent d'eux-mêmes, cela implique-t-il une certaine passivité du sujet devenu non plus acteur mais simple spectateur ? S'offrent-ils à moi dans leur grande mansuétude sans qu'intervienne ma raison ?
Il convient donc tout d'abord de distinguer “le théâtre des faits” comme expérience empirique et simple connaissance immédiate où le monde semble s'offrir au sujet. Cependant, pour appréhender et faire usage de notre entendement, il est nécessaire d'avoir recours à un certain recul qui se distingue dès lors comme connaissance médiate des faits, cette série d'événements que l'on dessine en filigrane sur la courbe du temps car on leur confère peut-être une importance plus grande. Finalement, avec l'implication du sujet apparaît un rapport profondément humain au temps et, plus particulièrement, à ces bribes d'événements que sont les faits, qui font que l'on ne peut pas au demeurant supposer une grande objectivité dans l'appréhension des faits, car s'ils sont limpides , la présence d'un sujet pensant change la donne. (...)
Sommaire:
I) Connaissance immédiate
A. Faits transparents
B. Percevoir est avant tout concevoir
C. Le jugement précède la perception
II) Connaissance médiate, l'Histoire
A. Fonctions paradigmatique de l'Histoire
B. Le devoir de mémoire et la mémoire affective
C. Histoire lacunaire, nécessité d'une autre Histoire
D. Nivellement des faits
III) Intervention du sujet
A. Scission de la conscience
B. Auto-positionnement du sujet
C. La pratique philosophique
Conclusion