Résumé
Le philosophe Francis Bacon louait Machiavel d'avoir présenté, dans son ouvrage "Le Prince", "ce que font les hommes, et non pas ce qu'ils devraient faire". Dans quelle mesure pensez-vous qu'il serait possible d'appliquer cette remarque au "Richard II" de Shakespeare ? Document de 3000 mots environ au format Word.
Extrait:
Lorsque le Florentin Machiavel publia au début du XVIe siècle son manuel de bon gouvernement à l'intention des princes, issu de son expérience de conseiller à la cours des Médicis, le livre fit sensation : Machiavel y décrivait les moyens couramment utilisés par tous les souverains pour conserver le pouvoir, ce que les hommes font vraiment, sans employer la "langue de bois" qui camouflait cette réalité de la politique derrière le discours religieux qui avait alors cours et qui faisait croire que les hommes faisaient toujours ce qu'ils devraient faire. Pour le prince machiavélique, la fin justifie les moyens et il n'y a pas de morale qui tienne.
C'est là le sens de la phrase de Francis Bacon : il rend grâce à Machiavel d'avoir dit la vérité, d'avoir rappelé que pour se maintenir sur un trône il ne suffisait pas de compter sur sa légitimité et sur l'appui de Dieu, mais qu'il fallait également être d'une vigilance de tous les instants et d'un réalisme à toute épreuve, et que le réalisme en politique amenait à se mettre en scène, à soigner son image, à se montrer démagogue, à flatter pour se ménager des appuis, et parfois même à se montrer injuste et sans pitié — en d'autres termes, à agir parfois, voire même souvent, dans l'intérêt de la préservation du souverain plus que dans l'intérêt du royaume. Tous les souverains le savaient, mais le discours officiel le taisait ...
Plan simplifié:
Introduction
1. Shakespeare et le machiavélisme
2. Le théâtre traite de l'homme plutôt que de la théorie
3. Une leçon de pragmatisme
Conclusion