Résumé
Commentaire composé sur le poème
La Chevelure tiré du recueil de Charles Baudelaire,
Les Fleurs du Mal.
Extrait:
Le titre du poème
La Chevelure nous plonge d'emblée dans l'univers féminin, en introduisant conjointement au thème fondamental de la femme dans la poésie de Baudelaire, celui de l'amour. Mais curieusement, tout au long du poème, la femme n'est présente que par ce seul attribut de séduction.
Voilà qui fait de ce poème une pièce emblématique du sulfureux recueil des
Fleurs du Mal qui paraissent en 1857, et font l'objet de polémiques et de condamnations. (...)
Poème étudié:
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !
La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.
J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :
Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.
Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !
Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.
Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?
Plan du commentaire:
Introduction
I) La femme, par le truchement de sa chevelure, ouvre au poète les portes de l'imaginaire
II) L'invitation au voyage
III) Le poète se rêve l'égal de Dieu
Conclusion