Résumé
Lecture méthodique d'un extrait de
La Parure de Guy de Maupassant.
Extrait:
Avant le drame de la perte de la parure, les Loisel se situaient au modeste niveau des petits fonctionnaires : ils louaient un appartement, avaient de petites économies (cf. le petit héritage dont dispose le mari (dix-huit mille francs) ainsi que les quatre cents francs, destinés à l'achat d'un fusil, que M. Loisel offre généreusement à sa femme pour qu'elle puisse s'acheter sa robe de bal) (...)
Sommaire:
Introduction
I) Le remboursement de leurs dettes condamne les Loisel à « la vie horrible des nécessiteux »
A. Une chute au bas de l‘échelle sociale
B. Une description réaliste de la vie d'une femme du peuple
C. Une femme énergique qui affronte courageusement l'adversité
D. « Et cette vie dura dix ans. »
II) La fin du calvaire : tout est payé. Déchéance de Mathilde Loisel ; sa nostalgie du passé
A. La fin du calvaire
B. Une femme usée par la vie, physiquement et moralement
Conclusion
Extrait analysé:
Mme Loisel connut la vie horrible des nécessiteux. Elle prit son parti, d'ailleurs, tout d'un coup, héroïquement. Il fallait payer cette dette effroyable. Elle payerait. On renvoya la bonne ; on changea de logement ; on loua sous les toits une mansarde.
Elle connut les gros travaux du ménage, les odieuses besognes de la cuisine. Elle lava la vaisselle, usant ses ongles roses sur les poteries grasses et le fond des casseroles. Elle savonna le linge sale, les chemises et les torchons, qu'elle faisait sécher sur une corde ; elle descendit à la rue, chaque matin, les ordures, et monta l'eau, s'arrêtant à chaque étage pour souffler. Et, vêtue comme une femme du peuple, elle alla chez le fruitier, chez l'épicier, chez le boucher, le panier au bras, marchandant, injuriée, défendant sous à sou son misérable argent.
Il fallait chaque mois payer des billets, en renouveler d'autres, obtenir du temps.
Le mari travaillait, le soir, à mettre au net les comptes d'un commerçant, et la nuit, souvent, il faisait de la copie à cinq sous la page.
Et cette vie dura dix ans.
Au bout de dix ans, ils avaient tout restitué, tout, avec le taux de l'usure, et l'accumulation des intérêts superposés.
Mme Loisel semblait vieille maintenant. Elle était devenue la femme forte, et dure, et rude, des ménages pauvres. Mal peignée, avec les jupes de travers et les mains rouges, elle parlait haut, lavait à grande eau les planchers. Mais parfois, lorsque son mari était au bureau, elle s'asseyait auprès de la fenêtre, et elle songeait à cette soirée d'autrefois, à ce bal, où elle avait été si belle et si fêtée.
Que serait-il arrivé si elle n'avait point perdu cette parure ? Qui sait ?qui sait ? Comme la vie est singulière, changeante ! Comme il faut peu de chose pour vous perdre ou vous sauver !