Résumé
Le Parti socialiste français entretient avec l'exercice du pouvoir un mélange instable d'ambition et de remords qui remonte aux origines du parti unifié en 1905. Le but des partis socialistes étant de transformer la société, ils ont toujours considéré que leur action devait se porter sur l'ensemble du système politique et économique. Et là, toutes les familles des partis du socialisme démocratique ont, de manière plus ou moins forte et durable, éprouvé une difficulté à penser et à gérer leur rapport au pouvoir. Comme les autres, le Parti socialiste français, une fois unifié, s'est voulu à la fois un parti démocratique et en même temps l'expression politique de la classe ouvrière. Mais le parti socialiste français a, plus longtemps que ses homologues européens, tenté d'échapper aux responsabilités du pouvoir, puis a vécu cet exercice comme une série de reniements voire de trahisons, et il a tenté, après chaque nouvelle expérience réformiste ou « social-démocrate », de renouer avec ce qui, à ses propres yeux, constituait le fond de son identité, une volonté de rupture s'opposant à toute révision réelle de sa doctrine.
Sommaire:
Introduction
I) L'absence durable de structure social-démocrate
II) Le poids de la doctrine
III) Le PS sous le regard de la culture de la gauche
Conclusion