Résumé
Dans sa phrase « L'ennui est tout simplement un des visages de la mort, et c'est la mort que fuient beaucoup d'hommes lorsqu'ils voyagent. », Julien Green nous expose un problème non seulement d'ordre psychologique mais également d'ordre social.
En effet, dans la mesure où l'ennui est défini comme un désintérêt envers toutes choses ou toutes personnes, il en résulte une absence d'activité, et ceci est la conséquence de la volonté propre à l'individu. Les pensées de celui-ci sont alors directement liées à cette inactivité. Cette personne perd par conséquent toute envie de rencontrer et de se faire des amis. L'auteur insiste sur les implications fatales de telles désaffections des activités quotidiennes et présente une solution face à ce problème : le voyage. Il s'en suit cependant une question non résolue : ce voyage nous permet-il effectivement d'échapper à cette tragédie ou est-ce que celle-ci nous rattrape-t-elle de toute façon ? Il dénonce également, par le verbe « fuir », la lâcheté de nombreux hommes vis-à-vis de situations inextricables qu'ils ne maîtrisent plus (divorce, chômage), ainsi que leur peur face à la mort. Il faut toutefois remarquer que l'échappatoire que Monsieur Green propose ne s'applique pas seulement à l'ennui, mais à tout objet conduisant à la « mort » de l'individu.