Résumé
Cours d'économie ayant trait au fonctionnement et à l'efficacité de la politique économique dans un contexte de mondialisation et de globalisation financière.
Extrait:
Les bouleversements dans le fonctionnement du SMI au cours des années 70 (détachement du Dollar par rapport à l'or le 15 août 1971, marquant le passage d'un système de changes fixes à un système de changes flottants), ont été accompagnés par des mutations radicales dans l'architecture financière des économies américaine et d'Europe Occidentale. Communément désignées par le terme de « 3 D » (déréglementation, désintermédiation, décloisonnement), ces transformations, vecteur d'un mouvement d'intégration financière internationale, ont été impulsées par la rencontre d'une conjoncture internationale dégradée et d'une volonté politique des États. La relance d'un tel processus d'intégration a eu pour conséquence immédiate l'accroissement de la liquidité des titres de créance et de propriété. La globalisation financière consiste en effet en un élargissement de la sphère de circulation de ces derniers : abolition des frontières internes - externes des marchés financiers et innovations, visant à stimuler offre et demande de titres, favoriser la centralisation de l'épargne et le financement direct de l'économie.
L'une des formes apparentes de l'augmentation de la profondeur de marché est la montée en puissance de la gestion collective de l'épargne et de leurs artisans, les fonds institutionnels. Il s'agit pour l'essentiel des compagnies d'assurance, des caisses de retraite par capitalisation ou fonds de pension, des fonds de couverture (« hedge founds ») et des organismes de placements collectifs. Ils collectent l'épargne individuelle des agents économiques et la placent dans un but de couverture et/ou de rendement optimal.
La première conséquence de ces bouleversements de la structure financière est une appropriation croissante du capital social des entreprises par les investisseurs institutionnels, à un seuil qui leur permettent d'imposer aux firmes leurs propres règles de gestion (D. Plihon, [24], 2000 ; F. Lordon, [17], 2000) (...)
Sommaire:
Introduction
Partie 1 : Approche régulationniste de la contrainte de crédibilité
I) La possibilité de la sanction financière
A. Comportements auto-référentiels et auto-réalisation des vues sur l'avenir : le modèle d'Orléan
1. Formalisation du comportement des agents
2. La dynamique des cours et les lois de probabilité de distribution stationnaire
B. La globalisation financière
1. Composantes et degrés de l'intégration financière internationale
2. Le processus contemporain de la globalisation financière
3. La mesure de l'intégration financière : présentation et discussion des propositions de Feldstein et Horioka
C. Le lien entre l'auto-référentialité des comportements et la globalisation financière ou la signification de la globalisation financière
1. Quelques précisions sur les notions d' « évaluation fondamentales » et d' « évaluation spéculative » du modèle d'Orléan
2. Liquidité financière, sphère de circulation des titres et intégration financière internationale
3. Degré de liquidité et spéculation financière
II) La nécessité de la sanction
A. Cadre conceptuel de l'analyse de Lordon : l'apport d'Orléan
B. Les causes de la sanction financière, les fondements de son inéluctabilité
1. Les fondements de l'usage d'un référentiel : présentation du concept
2. Les caractéristiques du référentiel
3. Dialectique du référentiel
4. Les limites de la dynamique de normation / auto-validation
5. La structure du référentiel et l'état de l'opinion
6. Contrainte de crédibilité et modèle d'Orléan : une mise en perspective
7. Conclusion partielle : l'inéluctabilité de la sanction
8. La crédibilité-élection
Partie 2 : L'efficacité de la politique économique sous contrainte de crédibilité : une modélisation macroéconomique
I) Investigations empiriques et théoriques pour le choix d'un modèle
A. La question de la flexibilité des prix et des salaires, ou l'intégration d'un « côté offre »
B. Modèle de flux, ou modèle stock-flux
1. Un agent représentatif au coeur du modèle d'équilibre des actifs financiers
2. Les fondements de la possibilité d'accueil de la contrainte de crédibilité par la structure de Mundell-Fleming
C. L'hypothèse de taux de change parfaitement flexibles est-elle acceptable ?
1. L'effondrement du système de Bretton Woods : le passage à la flexibilité des changes
2. Caractéristiques et propriétés d'un régime pur de changes flottants selon une vue monétariste
3. L'impossible passage de la condition de Marshall-Lerner au postulat de l'ajustement automatique
4. La stabilisation par la spéculation ?
5. L'intervention des Banques Centrales ou l'impureté du flottement des monnaies
D. (In-)efficience du marché des changes et nature des anticipations
1. Efficience du marché et hypothèse d'anticipation rationnelle
2. Les anticipations auto-réalisatrices et la PTINC
E. Dynamique auto-référentielle, variation de la masse monétaire et l'intervention des Banques Centrales
1. L'équilibre monétaire et financier
2. Bulle mimétique et intervention non stérilisée de la Banque Centrale
II) Régime de flottement impur des monnaies, anticipations auto-référentielles et modèle Mundell-Fleming
A. Présentation analytique générale
1. Forme structurelle
2. Construction des courbes IS-LM et BP
3. Forme réduite du modèle : les déterminants des variations de revenu, de taux d'intérêt et de taux de change
B. Efficacité des politiques économiques et degré d'impureté du flottement des devises
C. La contrainte de crédibilité des marchés financiers ou l'indétermination des effets de la politique économique
1. Mise en évidence de l'autonomisation des mouvements de capitaux : le double procès de validation de la politique économique
2. Impact de la contrainte de crédibilité sur le revenu et l'emploi
Conclusion générale
Bibliographie