Résumé
Échanger est communément défini comme acquérir un bien qui appartient à un autre contre un bien possédé. L'échange suppose une concertation réfléchie afin de déterminer les biens échangés, chacun cherchant son intérêt propre. Idéalement, cette concertation aboutit à un consentement mutuel pour échanger un bien contre un autre. Il semble a priori que la justice soit liée à l'échange puisqu'elle oblige à considérer autrui pour savoir quelle part donner à chacun sans porter préjudice à quiconque. Ainsi, les notions d'échange et de justice renvoient toutes deux à l'idée de répartition entre individus. En revanche, ces deux notions peuvent apparaître comme antagonistes lorsqu'il s'agit d'équité, puisque la justice, en tant que notion morale, suppose un traitement équitable de chaque individu que l'échange peut parfois nier. D'autre part, l'échange peut se heurter à la justice tant qu'institution judiciaire, puisque celle-ci définit une juridiction qui restreint le cadre des échanges. Dans ces conditions, alors qu'a priori il y aurait corrélation entre échange et justice, on s'aperçoit que l'échange, dès qu'il ne renvoie plus à un idéal de répartition, ne serait plus compatible avec la justice. Si, de droit, échange et justice vont de pair, pourquoi constate-t-on une incompatibilité ? Est-il possible de concilier, au moins partiellement échange et justice ?