Résumé
Plan détaillé d'un extrait des "Essais" (III, 9) de Montaigne de "J'ai la complexion du corps libre (...)" à "(...) la contagion d'un air inconnu."
Extrait:
Présence du « je » (conforme au genre de l'essai : un texte argumentatif qui a une dimension autobiographique), de sentiments personnels (« j'ai honte »), d'anecdotes personnelles (« Quand j'ai été ailleurs qu'en France… »), de situations concrètes (Montaigne à table dans un pays étranger) (...)
Sommaire:
Rappel du texte
Notes explicatives
Développement
I) Un extrait d'essai qui oppose différentes manières de voyager : celle de Montaigne puis celle de ses compatriotes
A. Le témoignage d'une expérience personnelle
B. Un contraste entre deux manières de voyager
II) Un éloge de Montaigne et un blâme des autres
A. Un autoportrait valorisant
B. La satire de ses compatriotes en voyage
III) L'invitation à un voyage qui permet de découvrir les étrangers
A. Une critique universelle
B. Une exhortation à découvrir la différence
Conclusion
Extrait analysé:
J'ai la complexion du corps libre et le goût commun, autant qu'homme du monde.
La diversité des façons d'une nation à autre ne me touche que par le plaisir de la variété.
Chaque usage a sa raison. Soient des assiettes d'étain, de bois, de terre, bouilli ou rôti, beurre ou huile de noix ou d'olive, chaud ou froid, tout m'est un, et si un que vieillissant, j'accuse cette généreuse faculté et aurais besoin que la délicatesse et le choix arrêtât l'indiscrétion de mon appétit et parfois soulageât mon estomac. Quand j'ai été ailleurs qu'en France et que, pour me faire courtoisie, on m'a demandé si je voulais être servi à la française, je m'en suis moqué et me suis toujours jeté aux tables les plus épaisses d'étrangers.
J'ai honte de voir nos hommes enivrés de cette sotte humeur de s'effaroucher des
formes contraires aux leurs : il leur semble être hors de leur élément quand ils sont hors de leur village. Où qu'ils aillent, ils se tiennent à leurs façons, et abominent les étrangères. Retrouvent-ils un compatriote en Hongrie, ils festoient cette aventure : les voilà à se rallier et à se recoudre ensemble, à condamner tant de moeurs barbares qu'ils voient. Pourquoi non barbares, puisqu'elles ne sont françaises ? Encore sont-ce les plus habiles qui les ont reconnues, pour en médire. La plupart ne prennent l'aller que pour le venir. Ils voyagent couverts et resserrés d'une prudence taciturne et incommunicable, se défendant de la contagion d'un air inconnu.