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Document présent dans la catégorie Littérature

Littérature

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Article "Christianisme" de "L'Encyclopédie" des Lumières : commentaire composé

Littérature | 6 pages | 14-01-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : 10.00/10 |

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Commentaire composé de l'article Christianisme extrait de L'Encyclopédie des Lumières.

Extrait:

L'emploi d'un vocabulaire laudatif pour évoquer le christianisme : adjectif mélioratif renforcé par l'adverbe intensif « si » (« si bon », l.2), périphrase superlative et
emphatique (« l'autorité la plus respectable qui soit sur la terre, je veux dire l'Église
catholique » l.8), accumulation méliorative avec gradation rythmique (effet de cadence
majeure) qui grandit les qualités et reprise anaphorique (...)

Sommaire:

Rappel du texte
Notes explicatives
Eléments pour l'introduction du commentaire
Développement

I) En apparence un article d'encyclopédie qui fait un éloge du christianisme et un blâme des autres religions (hormis le judaïsme)

A. L'apparence d'un article

B. Un éloge des religions révélées et une opposition entre le christianisme et les autres religions au bénéfice apparent du christianisme
1. La critique du mahométisme et du paganisme
2. L'éloge du christianisme (et du judaïsme)
C. Une critique apparente des philosophes et du déisme

II) En réalité un texte argumentatif qui blâme toutes les religions révélées, y compris le christianisme

A. La réalité d'un texte argumentatif
B. Une critique réelle du christianisme : une dénonciation voilée sous l'éloge mensonger
C. Le blâme des autres religions s'applique aussi au christianisme
D. Enfin une réduction de la religion à un rôle politique, moralisateur et social et une dénonciation de la collusion de la religion et de la politique

III) Un éloge voile du déisme, religion des philosophes à vocation universelle, par opposition à l'obscurantisme religieux

A. Une opposition entre le blâme du peuple et du clergé et l'éloge des philosophes
B. Les vertus du déisme

Éléments pour la conclusion

Texte analysé:

Le christianisme, je le sais, a eu ses guerres de religion, et les flammes en ont été souvent funestes aux sociétés : cela prouve qu'il n'y a rien de si bon dont la malignité humaine ne puisse abuser. Le fanatisme est une peste qui reproduit de temps en temps des germes capables d'infecter la terre ; mais c'est le vice des particuliers et non du
christianisme, qui par sa nature est également éloigné des fureurs outrées du fanatisme et des craintes imbéciles de la superstition. La religion rend le païen superstitieux et le mahométan fanatique : leurs cultes les conduisent là naturellement (voyez Paganisme, voyez Mahométisme) ; mais lorsque le chrétien s'abandonne à l'un ou à l'autre de
ces deux excès, dès lors il agit contre ce que lui prescrit sa religion. En ne croyant rien que ce qui lui est proposé par l'autorité la plus respectable qui soit sur la terre, je veux dire l'Église catholique, il n'a point à craindre que la superstition vienne remplir son esprit de préjugés et d'erreurs. Elle est le partage des esprits faibles et imbéciles, et non de cette société d'hommes qui, perpétuée depuis Jésus-Christ jusqu'à nous, a transmis dans tous les âges la révélation dont elle est la fidèle dépositaire. En se conformant aux maximes d'une religion toute sainte et tout ennemie de la cruauté, d'une religion qui s'est accrue par le sang de ses martyrs, d'une religion enfin qui n'affecte1 sur les esprits et sur les coeurs d'autre triomphe que celui de la vérité qu'elle est bien éloignée de faire recevoir par des supplices, il ne sera ni fanatique ni enthousiaste, il ne portera point dans sa patrie le fer et la flamme, et il ne prendra point le couteau sur l'autel pour faire des victimes de ceux qui refuseront de penser comme lui.
Vous me direz peut-être que le meilleur remède contre le fanatisme et la superstition serait de s'en tenir à une religion qui, prescrivant au coeur une morale pure, ne commanderait point à l'esprit une créance aveugle des dogmes qu'il ne comprend pas ; les voiles mystérieux qui les enveloppent ne sont propres, dites-vous, qu'à faire des fanatiques et des enthousiastes. Mais raisonner ainsi, c'est bien peu connaître la nature humaine : un culte révélé est nécessaire aux hommes, c'est le seul frein qui les puisse arrêter. La plupart des hommes que la seule raison guiderait, feraient des efforts impuissants pour se convaincre des dogmes dont la créance est absolument essentielle à la conservation des États. Demandez aux Socrates, aux Platons, aux Cicérons, aux Sénèques, ce qu'ils pensaient de l'immortalité de l'âme ; vous les trouverez flottants et indécis sur cette grande question, de laquelle dépend toute l'économie de la religion et de la république2 : parce qu'ils ne voulaient s'éclairer que du seul flambeau de la raison,
ils marchaient dans une route obscure entre le néant et l'immortalité. La voie des raisonnements n'est pas faite pour le peuple. Qu'ont gagné les philosophes avec leurs discours pompeux, avec leur style sublime, avec leurs raisonnements si artificiellement arrangés ? Tant qu'ils n'ont montré que l'homme dans leurs discours sans y faire intervenir la divinité, ils ont toujours trouvé l'esprit du peuple fermé à tous les enseignements. Ce n'est pas ainsi qu'en agissaient les législateurs, les fondateurs d'Etats, les instituteurs3 de religion : pour entraîner les esprits et les plier à leurs desseins politiques, ils mettaient entre eux et le peuple le dieu qui leur avait parlé ; ils avaient eu des visions nocturnes ou des avertissements divins : le ton impérieux des oracles se faisait sentir dans les discours vifs et impétueux qu'ils prononçaient dans la chaleur de l'enthousiasme. C'est en revêtant cet extérieur imposant, c'est en tombant dans ces convulsions surprenantes, regardées par le peuple comme l'effet d'un pouvoir surnaturel, c'est en lui présentant l'appât d'un songe ridicule que l'imposteur de la Mecque4 osa tenter la foi des crédules humains, et
qu'il éblouit les esprits qu'il avait su charmer, en excitant leur admiration et captivant leur confiance. Les esprits fascinés par le charme vainqueur de son éloquence ne virent plus dans ce hardi et sublime imposteur qu'un prophète qui agissait, parlait, punissait et pardonnait en Dieu. À Dieu ne plaise que je confonde les révélations dont se glorifie
à si juste titre le christianisme avec celles que vantent avec ostentation les autres religions ; je veux seulement insinuer par là qu'on ne réussit à échauffer les esprit qu'en faisant parler le dieu dont on se dit l'envoyé, soit qu'il ait véritablement parlé, comme dans le christianisme et le judaïsme, soit que l'imposture le fasse parler, comme dans le paganisme et le mahométisme. Or il ne parle point par la voix du philosophe déiste : une religion ne peut donc être utile qu'à titre de religion révélée. Voyez Déisme et Révélation.


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