Résumé
A partir de l'actualité sur le devoir de mémoire, une réflexion sur les liens entre histoire et mémoire et le rôle de l'Etat dans l'écriture de l'histoire.
Les lois dites mémorielles créent de nouveaux droits (reconnaissance des victimes, droit à porter plainte – notamment les associations -) et de nouveaux délits et donc des sanctions pénales (dans le cas des lois Gayssot et du 29/01/01). Elles reviennent à imposer le point de vue officiel d'un État sur certains événements historiques et à interdire l'expression publique (livres, articles, médias, enseignement) d'autres points de vue.
Extrait:
- Actualité : le Pape béatifie 498 « martyrs » (essentiellement des religieux mais pas seulement), tués par les républicains durant la guerre d'Espagne, et l'Etat espagnol s'apprête à légiférer pour réhabiliter les victimes du franquisme. Officiellement, il s'agit d'un geste de « réconciliation » (projet d'une loi dite de « mémoire historique », destinée à réhabiliter les victimes républicaines de la guerre civile et de la dictature de Franco). En Espagne, l'héritage de la guerre civile continue largement à diviser. L'Église catholique espagnole a été un des piliers du régime franquiste jusqu'à sa fin en 1975. Il y a donc un dimension politique à ces béatifications, quoi qu'en dise le Vatican.
On est dans un cas typique de concurrence des mémoires (...)