Résumé
Dissertation sur une citation de Gérard Genette,
L'utopie littéraire, Figures I.
Extrait:
La genèse d'une oeuvre, dans le temps de l'histoire et dans la vie d'un auteur, est le moment le plus contingent et le plus insignifiant de sa durée. De tous les grands livres on peut dire ce que Borges écrit des romans de Wells : « ils s'incorporeront, comme la fable de Thésée ou celle d'Assuérus, à la mémoire générale de notre espèce, et fructifieront dans son sein quand aura péri la gloire de celui qui les écrivit et la langue dans laquelle ils furent écrits ». Le temps des oeuvres n'est pas le temps défini de l'écriture, mais le temps indéfini de la lecture et de la mémoire. Le sens des livres est devant eux et non derrière, il est en nous : un livre n'est pas un sens tout fait, une révélation que nous avons à subir, c'est une réserve de formes qui attendent leur sens, c'est l' « imminence d'une révélation qui ne se produit pas », et que chacun doit produire pour lui-même (...)
Sommaire:
I) La mort de l'auteur (thèse de Barthes)
II) L'"Esprit" (Valéry) comme mémoire universelle de notre espèce - notion d'intertextualité
III) Avènement du lecteur