Résumé
Dans un texte qui porte sur la quête du savoir, Nietzsche essaie de savoir quels sont les rapports existants entre la connaissance et l'inconnu. De deux choses l'une, soit la peur de l'inconnu oblige l'homme à chercher absolument des réponses qui le satisfont mais qui ne sont pas forcément vraies, soit, l'homme, par sa curiosité naturelle, veut comprendre et connaître très précisément ce qui n'est pas déjà expliqué et qui se passe autour de lui. Pour Nietzsche, l'homme ne peut se résoudre à rester dans l'inconnu et la peur que ce dernier suscite, alors il se lance dans une " course à l'explication " avec comme seul objectif d'enlever tout sentiment de crainte en négligeant la vérité. Pourquoi l'homme tient-il à " anéantir " l'inconnu ? Que choisit-il entre vérité et réconfort ? La peur est-elle un moteur suffisant dans la quête du savoir ? (...)
Sommaire:
I) Introduction
II) Etude linéaire
III) Conclusion
Texte commenté:
Ramener quelque chose d'inconnu à quelque chose de connu, cela soulage, rassure, satisfait, et procure en outre un sentiment de puissance. Avec l'inconnu, c'est le danger, l'inquiétude, le souci qui apparaissent – le premier mouvement instinctif vise à éliminer ces pénibles dispositions. Premier principe : n'importe quelle explication vaut mieux que pas d'explication du tout. Comme au fond il ne s'agit que d'un désir de se débarrasser d'explications angoissantes, on ne se montre pas très exigeant sur les moyens de les chasser : la première idée par laquelle l'inconnu se révèle connu fait tant de bien qu'on la « tient pour vraie ». La preuve du plaisir (ou de l'efficacité) comme critère de la vérité… Ainsi, l'instinct de causalité est provoqué et excité par le sentiment de crainte. Aussi souvent que possible le « pourquoi ? » ne doit pas tant donner la cause pour elle-même qu'une certaine sorte de cause : une cause rassurante, qui délivre et soulage.