Résumé
Dissertation (Capes) se penchant sur la citation de Mona Ozouf relative au genre romanesque.
Citation analysée:
"La muse romanesque comme le dit Proust "est celle qui a recueilli tout ce que les muses plus hautes de la philosophie et de l'art ont rejeté, tout ce qui n'est pas fondé en vérité, tout ce qui n'est que contingent." Son talent récupérateur est celui du chiffonnier, du brocanteur : elle recueille tout ce que la pensée systématique néglige ou dédaigne".
(Mona Ozouf,
Les Aveux du roman, 2001).
Extrait:
Le contingent dans le roman, cet instinct de l'inessentiel se manifeste de façon massive -- depuis Balzac -- par la présence massive des objets de la vie quotidienne.
Objet sans valeur esthétique : les objets tel le baromètre à capucins de la pension vauquer, les curés de plâtre de
Madame Bovary accèdent au statut d'oeuvre digne d'admiration et de description précise jusqu'à la maniaquerie. On peut également citer des « glaces pleines de chiures de mouches » de la gargote parisienne où se rend la noce de Gervaise dans
L'Assommoir.
Ce bric-à-brac permanent pousse même le romancier vers la mauvaise conscience. Il se pose en effet la question du bien-fondé de la description. Balzac s'excuse ainsi auprès du lecteur de son obsession de la brocante (...)
Sommaire:
Introduction
I) Le roman, un genre chiffonnier
A. Le genre des à-côtés
B. Le bric-à-brac du roman
C. Le roman, le genre des sensations infimes
D. Le roman comme territoire du cliché
Transition
II) Le romancier penseur et le romancier artiste
A. Dignité philosophique du roman
B. Le roman qui pense le roman
C. Conclusion partielle
III) La transsubstanciation du contingent
A. Le roman est une pensée indirecte
B. L'art à l'épreuve du rien