Résumé
Confrontation de l'oeuvre de Diderot à la citation de Paul Ricoeur sur l'enjeu de la narration : "Nous racontons des histoires parce que finalement les vies humaines ont besoin et méritent d'être racontées. [...] Toute histoire de la souffrance crie vengeance et appelle le récit."
Extrait:
Il semble que l'art de la narration occupe une place primordiale dans le roman de Diderot
Jacques le Fataliste et son maître. Divers narrateurs y content vingt-et-un récits différents, enchâssés, fragmentés, disséminés au long du texte. Pourtant, ces histoires sont majoritairement celles de personnages trompeurs, sans vertu ou immoraux. Peut-on y voir un lien avec la réflexion de Paul Ricoeur, qui déclare dans
Temps et récit que "nous racontons des histoires parce que [...] les vies humaines ont besoin et méritent d'être racontées" ? Est-ce parce que "toute histoire de la souffrance crie vengeance et appelle le récit" que
Jacques le Fataliste et son maître se construit sur une agglomération de récits les plus divers ? Ne pouvons-nous pas dégager d'autres dynamiques de la narration dans ce roman ? (...)
Sommaire:
Introduction
I) Le récit comme "vengeance" contre la souffrance
II) Les autres motivations de la narration
Conclusion