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Racine, "Phèdre", Acte II scène 5 (vers 631-656)

Littérature | 9 pages | 11-01-2008 | Format : Document Microsoft Word | Note : 9.50/10 |

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Commentaire linéaire sur la tirade de Phèdre dans laquelle s'esquisse l'aveu progressif de sa passion pour Hippolyte.

Cet extrait constitue une courte partie de la scène où pour la première fois depuis longtemps, Phèdre et Hippolyte qui se fuyaient viennent à se rencontrer. Le dialogue n'est pas imprégné par la tension à laquelle le jeune héros pouvait s'attendre car, après avoir porté sur des questions politiques, il se tisse autour de la personne de Thésée, où il se convertit, dans la tirade de Phèdre, en aveu de moins en moins voilé d'une passion vivace pour son interlocuteur (triple mouvement).

Problématique : Nous chercherons donc à voir comment, dans le déroulement de ces paroles, le simple dialogue apaisé autour d'un mort, se convertit en l'aveu de moins en moins implicite d'une passion charnelle que Phèdre ne parvient pas à contrôler et qu'Hippolyte ne comprend que peu à peu.

Sommaire:

Introduction

I) Réplique d'Hippolyte
II) Réplique de Phèdre : première partie
III) Réplique de Phèdre : deuxième partie
IV) Réplique de Phèdre : troisième partie

Conclusion

Extrait:

HIPPOLYTE
Je vois de votre amour l'effet prodigieux :
Tout mort qu'il est, Thésée est présent à vos yeux;
Toujours de son amour votre âme est embrasée.

PHÈDRE
Oui, prince, je languis, je brûle pour Thésée :
Je l'aime, non point tel que l'ont vu les enfers,
Volage adorateur de mille objets divers,
Qui va du dieu des morts déshonorer la couche ;
Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche,
Charmant, jeune, traînent tous les cœurs après soi,
Tel qu'on dépeint nos dieux, ou tel que je vous voi.
Il avait votre port, vos yeux, votre langage,
Cette noble pudeur colorait son visage,
Lorsque de notre Crète il traversa les flots,
Digne sujet des vœux des filles de Minos.
Que faisiez-vous alors ? Pourquoi sans Hippolyte
Des héros de la Grèce assembla-t-il l'élite ?
Pourquoi, trop jeune encor, ne pûtes-vous alors
Entrer dans le vaisseau qui le mit sur nos bords ?
Par vous aurait péri le monstre de la Crète,
Malgré tous les détours de sa vaste retraite :
Pour en développer l'embarras incertain,
Ma sœur du fil fatal eût armé votre main.
Mais non : dans ce dessein je l'aurais devancée ;
L'amour m'en eût d'abord inspiré la pensée.
C'est moi, prince, c'est moi, dont l'utile secours
Vous eût du labyrinthe enseigné les détours.


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