Résumé
Commentaire composé du poème "L'enfant" de Victor Hugo tiré du recueil
Les Orientales. Le thème est celui de la guerre. V. Hugo y dénonce les massacres perpétrés par les Turcs à l'île grecque, Chio, l'île des vins. L'enfant est un grec, le seul survivant du massacre. Il dédaigne tous les magnifiques cadeaux que lui présente l'étranger... V.Hugo se met en scène derrière ce personnage qui engage le dialogue avec l'enfant. Etude composée d'une introduction, de deux axes principaux et d'une conclusion.
Sommaire:
Introduction
I) Première partie portant sur les ravages de la guerre
A. Le désastre du décor
B. La violence et la brutalité de la guerre
C. La présence de l'enfant
II) Deuxième partie portant sur le romantisme qui permet de donner une vision du monde désenchanté
A. Théâtralité du poème
B. Consternation et accablement du poète
C. Chute du poème
Conclusion
Poème:
Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,
Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un choeur dansant de jeunes filles.
Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.
Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l'onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tète blonde,
Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?
Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d'Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?
Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.