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Aloysius Bertrand, "Un rêve", tiré de "Gaspard de la nuit"

Littérature | 2 pages | 07-01-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : 8.75/10 |

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Commentaire composé entièrement rédigé relatif à "Un rêve" issu de Gaspard de la nuit d'Aloysius Bertrand. Texte étudié en seconde ou en première dans le cadre des épreuves anticipées du baccalauréat de français.

Extrait:

Aloysius Bertrand, issu dune famille pauvre, n'a jamais réussi a échapper a la misère, ni à Dijon ni à Paris où il ne parvient pas a faire éditer son oeuvre unique Gaspard de la nuit, publiée seulement un an après sa mort. Longtemps inconnue du grand public, cette oeuvre influencera pourtant Baudelaire ou Rimbaud par l'originalité de l'inspiration et de l'écriture du poème en prose. "Il était nuit... ", poème aussi intitulé " Un rêve", est extrait de la 3è partie du recueil "La nuit et ses prestiges". L'auteur y raconte un cauchemar dont on ressent d'abord l'atmosphère étrange voire morbide; mais le récit de ce cauchemar frappe aussi par son extrême élaboration; enfin, le dénouement de ce cauchemar incite à réfléchir sur les fantasmes de l'auteur (...)

Sommaire:

Introduction

I) Un cauchemar à l'atmosphère étrange voire morbide
II) Un récit qui frappe par son élaboration
III) Un dénouement qui incite à réfléchir sur les fantasmes de l'auteur

Conclusion

Texte analysé:

Il était nuit. Ce furent d'abord, - ainsi j'ai vu, ainsi je raconte, - une abbaye aux murailles lézardées par la lune, - une forêt percée de sentiers tortueux, - et le Morimont (*) grouillant de capes et de chapeaux.

(*) C'est à Dijon, de temps immémorial, la place aux exécutions.

Ce furent ensuite, - ainsi j'ai entendu, ainsi je raconte, - le glas funèbre d'une cloche auquel répondaient les sanglots funèbres d'une cellule, - des cris plaintifs et des rires féroces dont frissonnait chaque fleur le long d'une ramée, - et les prières bourdonnantes des pénitents noirs qui accompagnent un criminel au supplice.

Ce furent enfin, - ainsi s'acheva le rêve, ainsi je raconte, - un moine qui expirait couché dans la cendre des agonisants, - une jeune fille qui se débattait pendue aux branches d'un chêne, - et moi que le bourreau liait échevelé sur les rayons de la roue.

Dom Augustin, le prieur défunt, aura, en habit de cordelier, les honneurs de la chapelle ardente; et Marguerite, que son amant a tuée, sera ensevelie dans sa blanche robe d'innocence, entre quatre cierges de cire.

Mais moi, la barre du bourreau s'était, au premier coup, brisée comme un verre, les torches des pénitents noirs s'étaient éteintes sous des torrents de pluie, la foule s'était écoulée avec les ruisseaux débordés et rapides, - et je poursuivais d'autres songes vers le réveil.


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