Résumé
Pourquoi la Jacquerie, fruit d'un malaise social latent, ne permet pas la remise en cause effective de l'ordre établi ?
Les révoltes paysannes naissantes aboutissent à un mouvement dont l'ensemble des caractères restent à définir, mais qui mesure vite les limites de son état rudimentaire.
Extrait:
Les XIV° et XV° siècles connaissent des révoltes populaires à caractère européen, elles touchent surtout les villes, mais aussi les campagnes, c'est le cas de la Jacquerie de 1358.
Extraordinairement, les deux sources proposées ici ne proviennent pas des autorités et permettent un autre point de vue que celui des pouvoirs en place.
Le premier texte est dû à Jean Le Bel, chanoine de Saint Lambert de Liège, informé par des témoins directs des événements. Il fait preuve d'une certaine impartialité, ce qui offre au texte son intérêt.
Le second texte est de Jean de Venette appartenant à l'ordre mendiant des Carmes, en contact avec le peuple, aux misères duquel il compatit. Témoin oculaire d'une partie des faits qu'il rapporte, il est partisan d'Étienne Marcel, puis se rallie au dauphin en février 1358. Il laisse un récit défavorable au milieu dirigeant et sympathisant à la cause populaire (...)
Sommaire:
Introduction
I) La naissance des « révoltes de paysans »
A. Le désarroi paysan
B. La noblesse défaillante
C. "L'étincelle de Saint-Leu-d'Esserent" (M. Dommanget)
II) La nature du mouvement
A. Violences et terreur
B. Ordre social et valeurs communes
C. Mouvement spontané ou organisé ?
III) Un mouvement dépassé par lui-même
A. Les enjeux politiques
B. La réaction des nobles : la contre-Jacquerie
C. La Jacquerie : une idéologie ?