Résumé
Le commerce est considéré comme une vertu du fait de l'échange qu'il crée et de la relation qu'il met en oeuvre entre les individus, mais notre société est arrivée à une démultiplication telle qu'elle vide l'échange de son sens par la mondialisation et les réseaux.
Extrait:
L'échange est fondateur du lien social, et l'échange est pacifique.
Lorsqu'on échange, qu'on a un besoin, on échange de l'argent contre l'objet du besoin. Il faut s'entendre, convenir des règles de l'échange avant l'échange. Il n'y a pas d'échange sans droit, sans règles. Ces règles sont contractuelles, c'est une logique contractuelle. On convient, on contracte (cum traere = on s'efforce ensemble) sur la manière la plus juste d'échanger.
Il faut, avant un accord, une dépossession. Quand on est dans des relations d'échange juste, le droit s'impose peut être avant que l'économie n'en dispose. La relation est peut être un acte juridique avant d'être un acte économique.
L'échange vise sa disparition. L'échange vise l'annulation, l'annulation d'un manque, le plein d'un vide. Une fois que ce vide est rempli, on n'a rien fondé on n'a rien créé, l'échange comble. Il vient se situer dans le creux plutôt qu'au sens où il épanouit (combler = être transporté de plaisir, surabondance a priori ce n'est que remplir le vide, rétablir l'équilibre, rétablir un plan, boucher les trous). On finit par être quitte. La finalité de l'échange est la satisfaction des deux qui échangent. L'échange n'a pas d'autre but que l'annulation de ce qui le motivait, l'annulation du besoin. Quand on est quitte on se quitte. L'échange une fois réalisé n'est fondateur de rien d'autre (...)
Sommaire:
Introduction
I) De quoi l'échange est-il fondateur ?
II) La démultiplication des échanges
A. Le triomphe de l'échange contemporain : la mondialisation
B. La mondialisation des échanges : les réseaux
Conclusion