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Document présent dans la catégorie Littérature

Littérature

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La Fontaine et Anouilh : "Le Chêne et le Roseau" : commentaire comparé

Littérature | 5 pages | 14-12-2007 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté |

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Commentaire comparé de la fable de Jean de La Fontaine et de celle de Jean Anouilh "Le Chêne et le Roseau", sous la forme d'un plan détaillé.

Textes étudiés:

« Le Chêne et le Roseau », Fables, (1693), Jean de La Fontaine

Le Chêne un jour dit au Roseau :
« Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du Soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphir.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La Nature envers vous me semble bien injuste.
- Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts

« Le chêne et le roseau », Fables, (1962), Jean Anouilh

Le chêne un jour dit au roseau :
« N'êtes-vous pas lassé d'écouter cette fable ?
La morale en est détestable ;
Les hommes bien légers de l'apprendre aux marmots.
Plier, plier toujours, n'est-ce pas déjà trop,
Le pli de l'humaine nature ? »
« Voire, dit le roseau, il ne fait pas trop beau ;
Le vent qui secoue vos ramures
(Si je puis en juger à niveau de roseau)
Pourrait vous prouver, d'aventure,
Que nous autres, petites gens,
Si faibles, si chétifs, si humbles, si prudents,
Dont la petite vie est le souci constant,
Résistons pourtant mieux aux tempêtes du monde
Que certains orgueilleux qui s'imaginent grands. »
Le vent se lève sur ses mots, l'orage gronde.
Et le souffle profond qui dévaste les bois,
Tout comme la première fois,
Jette le chêne fier qui le narguait par terre.
« Hé bien, dit le roseau, le cyclone passé -
Il se tenait courbé par un reste de vent -
Qu'en dites-vous donc mon compère ?
(Il ne se fût jamais permis ce mot avant)
Ce que j'avais prédit n'est-il pas arrivé ? »
On sentait dans sa voix sa haine
Satisfaite. Son morne regard allumé.
Le géant, qui souffrait, blessé,
De mille morts, de mille peines,
Eut un sourire triste et beau ;
Et, avant de mourir, regardant le roseau,
Lui dit : « Je suis encore un chêne. »

Extrait:

La réécriture par Anouilh de la fable de La Fontaine inverse le sens de la fable en mettant en valeur l'attitude du chêne et en faisant de celle du roseau l'illustration de comportements mesquins de gens défavorisés, qui, une fois arrivés à leur fin, se montrent cruels et revanchards. La fable d'Anouilh s'en prend sans doute davantage à des comportements sociaux et politiques que moraux, en critiquant les gens faibles capables des pires actions quand ils ont du pouvoir, comme le fait la pièce Antigone à travers les personnes des gardes. L'usage des mètres est assez éloquent de la reprise et de l'écart pratiqués par Anouilh : si la première partie de la fable d'Anouilh est disposée comme une fable de La Fontaine avec des vers hétérométriques (octosyllabes ou alexandrins), la seconde partie à partir du vers 16, montre une mise en page avec des vers centrés (...)

Sommaire:

Rappel des textes
Notes explicatives

Eléments pour l'introduction (problématique de lecture)

I. La reprise par Jean Anouilh d'éléments de la fable de La Fontaine : la même histoire avec les mêmes personnages

A. Les mêmes personnages symboliques
B. Une même structure dramatique : d'abord une discussion puis le récit d'un événement qui modifie la situation pour aboutir à la même situation finale

1. Une discussion entre les deux personnages au sujet de leur force et du danger du vent
2. L'irruption dramatisée d'un même élément perturbateur
3. Une situation finale similaire

II. Des caractères transformés

A. Une répartition de la parole assez différente
B. Un renversement dans la présentation des personnages

1. Le chêne
2. Le roseau

III. Deux morales opposées

A. La morale implicite de la fable de La Fontaine
B. La morale de la fable d'Anouilh

Conclusion


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