Résumé
Etude d'un extrait du texte de Jorge Semprun "L'écriture ou la vie" (pp.165-167, folio) et réflexion sur la question du dire : comment dire, comment raconter l'expérience concentrationnaire ?
Problématique : en quoi cette situation qui semble anodine, une conversation, révèle les réelles préoccupations de l'auteur sur la manière dont l'expérience concentrationnaire doit être racontée ?
Extrait:
L'écriture ou la vie est paru en 1994 soit près de 40 ans après la libération des camps. Nombreux sont ceux qui ont confié leur expérience du camp pour livrer leur témoignage sur ce qu'ils avaient vécu, dès la libération. Alors pourquoi Jorge Semprun a-t-il choisi de publier ce roman aussi tard ? L'écriture de ce livre était beaucoup trop douloureuse, car le ramenant à la mort, le mieux pour survivre était d'opter pour l'oubli. Pourtant la mort de primo Lévi va le ramener à l'écriture, avec cette mort, il va se rendre compte que la mort est toujours présente, qu'il ne l'a nullement supprimée en n'écrivant plus; il l'a plutôt occultée. Il avouera lui-même que ces années sans l'écriture sont comme des années de mort pour lui, que pendant toutes ces années il n'a pas vécu. Pour vivre, Il va donc décider d'écrire, comme pour conjurer le mauvais sort et atteindre l'immortalité par l'art.
L'extrait proposé se situe dans le dernier chapitre de la première partie. Cette partie évoque surtout le camp alors que les deux autres se concentrent sur les conséquences. Dans cet extrait les rescapés se retrouvent dans les blocks (ou ils logent) et discutent de la manière dont ils doivent raconter leur expérience, celui-ci constitue une des scènes cruciales du roman. On pourra donc se demander en quoi cette situation qui semble anodine, une conversation, révèle les réelles préoccupations de l'auteur sur la manière dont l'expérience concentrationnaire doit être racontée (...)
Sommaire:
Introduction
I) Une réflexion sur la manière de raconter
A. Un débat important qui doit être raconté
B. Décalage entre ce qu'il faut et ce qu'ils veulent raconter
II) Mais une expérience difficile à raconter
A. Expérience incroyable à raconter
B. Impossibilité d'appréhender "l'essentielle vérité"
C. Comment raconter
III) La nécessité d'avoir recours à l'art
A. Montrer la complexité de ce qui a été vécu
B. La nécessité d'un narrateur
C. Une sorte de mémoire, une volonté d'usage futur : l'émergence d'une nouvelle littérature
Conclusion