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Alain, "Les idées et les images" (extrait)

Philosophie | 2.5 pages | 13-12-2007 | Format : Document Microsoft Word | Note : 8.00/10

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Commentaire d'un extrait de texte du philosophe Alain Les idées et les images traitant de la vérité scientifique. Le passage étudié s'étend de "Nos idées, par exemple de mathématique (...)" à "(...) et qui dépend seulement du bien penser."

Extrait:

Afin de résoudre la question épineuse de la définition de la vérité, Alain livre une argumentation progressive et précise, que l'on pourra scinder en trois mouvements.
On commence tout d'abord par une introduction aux idées scientifiques (ligne 1 à 6) : comment les percevons-nous et les employons-nous ? Puis le philosophe s'interroge sur les critères de la validité de la vérité scientifique (ligne 6 à 14), et termine par la question suivante : si finalement l'expérience ne nous instruit pas, comment alors parvenir à la vérité ?

Cette argumentation va ainsi nous conduire à une thèse surprenante : d'après Alain, ce que nous pensons être vrai n'est en fait que notre interprétation de la réalité ! (...)

Sommaire:

Introduction

I) Introduction aux idées scientifiques

A. Définitions générales
B. Comment les percevons-nous ?
C. Comment les employons nous ?

II) Les critères de la validité de la vérité scientifique

A. L'expérience
B. Notre socle de connaissances, commun et immuable
C. Conformité de nos idées

III) Comment parvenir à la vérité ?

A. L'expérience n'instruit pas
B. Le problème de l'interprétation
C. En quête d'une réflexion pure

Conclusion

Texte analysé

"Nos idées, par exemple de mathématique, d'astronomie, de physique, sont vraies en deux sens. Elles sont vraies par le succès ; elles donnent puissance dans ce monde des apparences. Elles nous y font maîtres, soit dans l'art d'annoncer, soit dans l'art de modifier selon nos besoins ces redoutables ombres au milieu desquelles nous sommes jetés. Mais, si 1'on a bien compris par quels chemins se fait le détour mathématique, il s'en faut de beaucoup que ce rapport à l'objet soit la règle suffisante du bien penser. La preuve selon Euclide n'est jamais d'expérience; elle ne veut point l'être. Ce qui fait notre géométrie, notre arithmétique, notre analyse, ce n'est pas premièrement qu'elles s'accordent avec l'expérience, mais c'est que notre esprit s'y accorde avec lui-même, selon cet ordre du simple au complexe qui veut que les premières définitions, toujours maintenues, commandent toute la suite de nos pensées. Et c'est ce qui étonne d'abord le disciple, que ce qui est le premier à comprendre ne soit jamais le plus urgent ni le plus avantageux. L'expérience avait fait découvrir qu'il faut de calcul et de géométrie pour vivre, bien avant que la réflexion se fût mise en quête de ces preuves subtiles qui refusent le plus possible 1'expérience, et mettent en Lumière cet ordre selon l'esprit qui veut se suffire à lui-même. Il faut arriver à dire que ce genre de recherches ne vise point d'abord à cette vérité que le monde confirme, mais à une vérité plus pure, toute d'esprit, ou qui force d'être telle, et qui dépend seu1ement du bien penser."


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