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Document présent dans la catégorie Littérature

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Zola, "La Bête Humaine", Incipit

Littérature | 3.5 pages | 29-11-2007 | Format : Document Microsoft Word | Note : Non noté

PRIX : 1.80€ |
Résumé

Roubaud, sous-chef de gare, attend sa femme Séverine dans sa chambre de la maison appartenant à la Compagnie des chemins de fer de L'Ouest, donnant, sur la gare Quai Saint-Lazare. Il se met à la fenêtre et regarde le spectacle qui s'offre à lui… et au lecteur. Ce texte constitue l'incipit du roman de Zola, c'est-à-dire son commencement. Il est constitué de trois paragraphes descriptifs qui n'éclairent pas le para texte puisque le lecteur n'y trouve nul écho direct du titre.
Nous nous attacherons à tenter de dégager la spécificité de cette page en étudiant la manière dont les fonctions traditionnelles de l'incipit (INFORMER/INTERESSER en ouvrant un horizon d'attente) sont remplies. Nous proposerons ainsi une lecture composée du texte selon deux axes : nous lirons d'abord cette page comme une exposition naturaliste qui ancre l'histoire dans le réel (I) puis nous cernerons les procédés plus poétiques et symboliques qui font de cette ouverture la véritable matrice de l'oeuvre (II) (...)

N.B.: Commentaire partiellement rédigé.

Sommaire:

Introduction

I) Une exposition naturaliste

A. Les personnages et leur milieu
B. La précision documentaire

II) Une ouverture symbolique

A. Le narrateur tout puissant
B. Un tableau impressionniste
C. La matrice du roman

Conclusion

Texte:

En entrant dans la chambre, Roubaud posa sur la table le pain d'une livre, le pâté et la bouteille de vin blanc. Mais, le matin, avant de descendre à son poste, la mère Victoire avait dû couvrir le feu de son poêle, d´un tel poussier, que la chaleur était suffocante. Et le sous-chef de gare, ayant ouvert une fenêtre, s'y accouda.
C'était impasse d'Amsterdam, dans la dernière maison de droite, une haute maison où la Compagnie de l'Ouest logeait certains de ses employés. La fenêtre, au cinquième, à l´angle du toit mansardé qui faisait retour, donnait sur la gare, cette tranchée large trouant le quartier de l'Europe, tout un déroulement brusque de l'horizon, que semblait agrandir encore, cet après-midi-là, un ciel gris du milieu de février, d'un gris humide et tiède, traversé de soleil.
En face, sous ce poudroiement de rayons, les maisons de la rue de Rome se brouillaient, s´effaçaient, légères. A gauche, les marquises des halles couvertes ouvraient leurs porches géants, aux vitrages enfumés, celle des grandes lignes, immense, où l´oeil plongeait, et que les bâtiments de la poste et de la bouillotterie séparaient des autres, plus petites, celles d'Argenteuil, de Versailles et de la Ceinture ; tandis que le pont de l´Europe, à droite, coupait de son étoile de fer la tranchée, que l´on voyait reparaître et filer au-delà, jusqu´au tunnel des Batignolles. Et, en bas de la fenêtre même, occupant tout le vaste champ, les trois doubles voies qui sortaient du pont, se ramifiaient, s'écartaient, en un éventail dont les branches de métal, multipliées, innombrables, allaient se perdre sous les marquises. Les trois postes d'aiguilleur, en avant des arches, montraient leurs petits jardins nus. Dans l'effacement confus des wagons et des machines encombrant les rails, un grand signal rouge tachait le jour pâle.


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