Résumé
Comment Jules Verne met en place un univers oppressant et la dénonciation que représente le portrait de Herr Schultze, inquiétude réelle au moment de l'écriture et de la publication du roman.
Texte étudié:
Cette masse est Stahlstadt, la Cité de l'Acier, la ville allemande, la propriété personnelle de Herr Schultze, l'ex-professeur de chimie d'Iéna, devenu, de par les millions de la
bégum (1), le plus grand travailleur du fer et, spécialement, le plus grand fondeur de
canons des deux mondes.
Il en fond, en vérité, de toutes formes et de tout calibre, à âme lisse et à raies, à culasse
mobile et à culasse fixe (2), pour la Russie et pour la Turquie, pour la Roumanie et pour le
Japon, pour l'Italie et pour la Chine, mais surtout pour l'Allemagne.
Grâce à la puissance d'un capital énorme, un établissement monstre, une ville véritable,
qui est en même temps une usine modèle, est sortie de terre comme à un coup de baguette.
Trente mille travailleurs, pour la plupart Allemands d'origine, sont venus se grouper autour d'elle et en former les faubourgs. En quelques mois, ses produits ont dû à leur écrasante
supériorité une célébrité universelle.
Le professeur Schultze extrait le minerai de fer et la houille de ses propres mines. Sur
place, il les transforme en acier fondu. Sur place, il en fait des canons [...]
En arrivant sous les murailles mêmes de Stahlstadt, n'essayez pas de franchir une des
35 portes massives qui coupent de distance en distance la ligne des fossés et des fortifications. La consigne la plus impitoyable vous repousserait. Il faut descendre dans l'un des faubourgs. Vous n'entrerez dans la Cité de l'Acier que si vous avez la formule magique, le mot d'ordre, ou tout au moins une autorisation dûment timbrée, signée et paraphée.
Sommaire:
I) Introduction
II) Montrez que se met progressivement en place un univers oppressant
III) En quoi le portrait du professeur Schultze constitue-t-il une dénonciation ?
IV) Conclusion