Résumé
Fiche de lecture sur l'ouvrage de Christophe Hugoniot intitulé "Rome en Afrique".
Extrait:
Carthage avait été fondée selon la tradition en 824 av JC, par des colons phéniciens. Elle avait étendu ses comptoirs et ses colonies sur le littoral du Maghreb, mais aussi en Sicile, en Sardaigne, en Corse et en Espagne méridionale. La cité avait aussi étendue ses limites et constitué un vaste arrière pays, ouvert sur les circuits caravaniers du Sahara. Bijoux, parfums, céramique fine, verroterie, étoffes, armes, tous ces objets précieux sortis des ateliers puniques, mais aussi grecs et orientaux étaient échangés par les négociants carthaginois sur ces routes. Au milieu du Ve siècle av JC, la royauté des Magonides avait laissé le premier rôle à d'autres grandes familles, les Hannonides et leurs rivaux qui exercèrent le pouvoir dans un cadre oligarchique. Rome avait donc tout à craindre d'une aussi grande puissance. Trois guerres puniques opposèrent les deux rivaux. La première (264- 241) permit à Rome de se doter d'une flotte puissante et de conquérir la Sicile et les îles méditerranéennes. La seconde, (218- 202), avec l'invasion d'Hannibal en Italie, faillit provoquer la destruction de Rome qui fut sauvée de justesse par Scipion l'Africain. Son petit fils adoptif, Scipion émilien détruisit Carthage lors d'une troisième guerre qui se termina par un siège de trois ans et la destruction totale de la cité (146- 149).
Le terme de Romanisation est difficile à définir. Dans le Haut empire romain en Occident d'Auguste aux sévères, Patrick Le Roux fait observer qu'il est impossible de se débarrasser du mot même si l'octroi de la citoyenneté romaine qu'il implique au sens premier ne suffit pas à rendre compte de l'acculturation des peuples soumis par Rome. Rome en Afrique, ce furent d'abord des hommes : soldats qui protégèrent les frontières, patrouillèrent dans l'espace maghrébin et régulèrent les itinéraires des tribus nomades, mais aussi des colons installés peu de temps après la reconquête. Ces colons s'associèrent avec les paysans ou avec les nomades indigènes et devinrent de paisibles cultivateurs. Rome en Afrique, ce fut aussi, à côté des colonies de vétérans fondées sur la spoliation des terres aux autochtones, et l'intégration des cités indigènes, à partir du II e siècle ap JC. La poliadisation rend compte de l'importance de la cité en Afrique, cellule sociale et politique composée d'un espace urbain, d'un territoire rural et d'institutions politiques autonomes. L es empereurs romains fondèrent en Afrique des cités ou assurèrent leur développement. Le résultat du processus de romanisation fut la fusion des populations indigènes et des colons romains, dans un même idéal politique qui fut celui de la cité. Le message évangélique toucha précocement l'Afrique au IIe siècle ap JC. Sa diffusion se fit donc dans un cadre déjà formé en grande partie. Le christianisme africain joua un rôle indéniable dans la poursuite du processus de romanisation. Paradoxalement, cette symbiose aboutit avec la disparition du pouvoir impérial en Afrique et la création d'un royaume barbare, l'Etat vandale (430- 533).
Parler de Rome en Afrique, c'est donc aborder trois problèmes étroitement liés : le passage d'une politique d'exploitation coloniale, à une politique d'intégration (I e siècle av JC IIIe siècle ap JC), la question du christianisme et de son rôle dans le processus de romanisation (III-Ve siècles) le débat sur les continuités et les ruptures de la civilisation romaine dans le Maghreb (IIIe VIIe siècles).
Sommaire:
1. L'Afrique romaine sous la république
2. L'Afrique romaine au Premier siècle
3. L'armée romaine d'Afrique
4. L'abondance Africaine
5. Développement et prospérité des cités
6. Les cultes païens
7. Le Christianisme africain
8. Royaume Vandale et Reconquête byzantine