Résumé
Commentaire composé du poème en alexandrins "Apparition" de Victor Hugo, tiré du livre V du recueil les Contemplations. Dans une lettre datée du 22 avril 1855, Hugo écrit : “J'achève de dorer quelques étoiles au ciel un peu sombre des Contemplations. Et, à son ami Jules Janin, dédicataire d'une pièce du livre V, il présente ainsi le volume qu'il est en train d'achever : "Cela commence bleu et finit noir, mais un noir où je tâche qu'il y ait des rayons d'astres". Ces “étoiles”, ces “rayons d'astres”, arrachés victorieusement à la nuit de l'exil, aux tempêtes de Jersey, ce sont principalement les poèmes écrits pendants l'été 1855. De cette période heureuse et inspirée, datent La nichée sous le portail, Après l'hiver (livre II), Éclaircie, Dolorosoe, Cadaver ( livre VI) et deux poèmes placés l'un à la suite de l'autre vers la fin du livre V, Mugitusque boum, écrit le 26 juillet, hymne jubilant à la gloire de la vie universelle mais aussi du poète qui l'écoute et la traduit et Apparition, qui date du mois suivant. A cette époque, Hugo vient de renoncer à ses expériences de spiritisme, dont les révélations l'ont déçu et qui ont entretenu chez lui et chez les siens une tension nerveuse qui lui fait craindre de sombrer dans la folie comme son frère Eugène. Mais sa poésie restera jusqu'à la fin peuplée de spectres et de visions, tour à tour inquiétants et rassurants. Après la splendeur dorée du soir empli de voix et de chants, après la "riche moisson" de Mugitusque boum, le début d'Apparition évoque de nouveau "la tempête” et “la mer pleine de bruit" ; et, ce poème crépusculaire part d'une situation plutôt angoissante ; il semble, dans l'architecture de ce livre si soigneusement prémédité par Hugo, prendre la suite de ce dernier vers qui assombrissait subitement le poème précédent : "O nature! abîme! immensité de l'ombre".
Sommaire:
Introduction
I) Composition
II) Paradoxes de l'imagination
III) Symboles
Conclusion