Résumé
Dissertation de philosophie entièrement rédigée sur la place du sentiment dans la morale.
Extrait:
Dans Cinna, de Corneille, le jeune héros dont le nom a été attribué au titre de l'ouvrage envisage de tuer l'empereur Auguste qui, en faisant couler le sang des Romains, a renversé la république, dans l'espoir de gagner les faveurs d'Émilie, rongée par le sentiment de vengeance dont la mort de son père par Auguste a donné la naissance. Or, Cinna, une fois le funèbre dessein approchant, hésite et tergiverse à aller jusqu'au bout du projet. Mais comme il aime Émilie et comme ses sentiments sont très forts, il se résout à finir ce qu'il a entrepris. Autrement dit, la force du sentiment amoureux ancrée en Cinna, se révèle supérieure à sa raison au point qu'il envisage d'agir contrairement à ce que lui conseillait celle-ci. Le sentiment apparaît puissant (il est supérieur au raisonnable) et incontrôlable (nous ne pouvons nous empêcher d'éprouver tel sentiment).
Or, ce qui est essentiel à l'être humain et à la régulation des rapports entre les hommes est la morale, cette morale qui jaillit de la raison, qui semblant se destiner à l'esprit évite le cœur. Le sentiment, « force » agissante sur notre âme peut-il alors se concilier avec la moralité indispensable et qui quant à elle vise des valeurs ? Quelle place doit-on alors accorder aux sentiments au sein de la morale ?
Le sentiment ne peut-il pas être considéré tout d'abord comme un obstacle à la morale auquel cas il faudrait le nier ? Est-il cependant réellement pernicieux à la moralité ? Comment alors être à la fois moral et à la fois ouvert aux sentiments ?