Résumé
Commentaire du chapitre 13 du livre « Mardi », de Melville Herman.
Le chapitre est intitulé : « Du Chondroptérygile et autres hordes étranges qui infestent les mers du Sud ». Avec ce titre, on s'attend à un discours au premier abord scientifique, de part le terme « Chondroptérygile » qui semble peu abordable et qui désigne en fait, des poissons. L'expression « hordes étranges » évoque de nombreux animaux, qui de plus sont qualifiés de singuliers, de bizarres, ce qui promet au lecteur un récit riche en découverte de toutes sortes. Le titre nous explique par ailleurs qu'ils sont nuisibles, que ce sont des parasites qui règnent au fin fond de mers inconnues et lointaines pour le lecteur. On s'attend donc à première vue, à un récit de voyage, à un récit instructif principalement scientifique donc sérieux et peut-être peu abordable, décrivant précisément des animaux marins inconnus, mais également à un récit promettant l'évasion au lecteur comme le souligne « les mers du Sud » : terme désignant, selon les propres mots de Melville (conférences entre décembre 1858 et 1860), l' « Océan Pacifique » synonyme pour lui « d'odeur subtile de santal et de cannelle, et rendant plus savoureuses les vieilles aventures ».
Le XIXème siècle est en effet le siècle où le récit de voyage prend son essor, aidé par l'étude des monstruosités par Geoffroy-Saint-Hilaire et son fils Isidore, et par le développement du tourisme. Ces derniers vont faire une synthèse cohérente et objective, alors unique. Le genre du récit de voyage mêle habilement la littérature, l'histoire, la peinture de paysages naturels, marins, le tout étant imprégné de pittoresque et de romantisme. Le monstre, c'est ce qu'attend tout lecteur du XIXe siècle dans un récit. Ici il s'agit bien de quelque chose, d'un animal et plus précisément d'un poisson, qui attire le regard, qui suscite l'admiration et qui mérite d'être exposé.
Plan du commentaire composé:
I) En quoi ce texte est-il un témoignage direct, un récit de voyage ? Il s'agit d'un témoignage direct du voyageur. Il a vu ce dont il parle pendant son trajet. Il reprend la tradition du récit de voyage et du portrait en décrivant non pas des personnes qu'il a rencontré mais des poissons.
II) Le narrateur fait une description qui est emprunte de tératologie physique (prosopographie) et morale (éthopée).
III) Pourquoi choisit-il d'utiliser cette mise en scène (des monstres marins et des outils comme les figures de style). En fait il fait ici un, voire plusieurs, procès : le voyageur se montre moraliste.