Résumé
Dissertation portant sur le thème de la barbarie. Comment penser l'universel si des hommes (hominiens) ne sont pas des hommes humains ? Sur quels critères s'appuyer pour juger de l'humanité ou de la barbarie et donc de l'inhumanité de certains ? Cette notion n'est-elle utilisée que pour exclure certains de ce qu'on appelle l'humanité, la civilisation ? Le problème semble alors être posé : comment pense t-on l'homme, à travers quoi, pour décréter que certains ne le sont pas, ou moins ? Quelle vision de l'histoire est nécessaire pour exclure des hommes de ce processus civilisationnel qui fait l'humain ? La Culture, si antinomique de la Barbarie, est-elle réellement universellement définissable, ce qui seul justifierait, en un sens, l'existence du terme de barbarie ?
Extrait:
S'il y a eu Barbare, barbaros, c'est qu'il y a eu Grec, Hellène, homme de la paideia. Pourquoi ces derniers se sont-ils distingués ? Par une origine ethnique, géographique ? Il semblerait que non, ou du moins dans ce cas il serait à considérer l'Hellène comme à la fois nom propre et nom commun, là où le barbare ne serait pour les Grecs que nom commun: non pas de la Barbarie, où alors de la Barbarie comme état géographiquement inventé pour désigner tout ce qui n'est pas Grec. S'il ne s'agit pas d'une «race» uniforme opposé à une autre, qu'est ce qui a pu les différencier ? Ou plutôt, qu'est ce qui a bien pu unir les grecs pour qu'ils posent le reste de l' « humanité » (du groupe humain) justement comme groupe différent, étranger ?