Résumé
Explication de "Une femme est un diable", ou "La tentation de Saint Antoine" de Mérimée. En sous-titrant la pièce « Comédie », Mérimée s'inscrit dans la grande lignée des anciens poètes Espagnols, tout en entretenant l'ambiguïté quant au statut de sa pièce ; on comprend sa démarche si l'on se rappelle du rôle et de l'influence toujours vaillante de l'Inquisition au moment où ce dernier écrit cette pièce. Comment le conflit hiérarchique révèle-t-il les défauts des personnages ? Mérimée en profite-t-il pour glisser une critique à l'encontre du système inquisitoire ?
Extrait:
Mérimée axe sa critique sur la sottise et l'absurdité du système qui combat les « hérétiques » se demandant s'il est nécessaire d'être chrétien pour être inquisiteur; qui se donne une image de dévot (« carême ») mais cache des cuisses de poulet dans sa chambre. La critique atteint son apogée dans la métaphore suivante : « ce nouvel inquisiteur est un démon qui doit nous espionner ». La sainteté du nouvel arrivant, « incapable de distinguer un homme d'une femme » ne tire que des hélas aux personnages, banissant ainsi tout manichéisme de leur caractère. L'inquisition (la mort par le feu ici) est plus un divertissement qu'un véritable acte-de-foi : Mérimée prétend t-il accuser un système plus que ses exécutants ?