Résumé
Dans la litanie économique actuelle, on trouve deux positions tranchées quant à l'euro. Certains voient en la monnaie unique, ou plus en la transition vers la monnaie unique, la cause de tous les problèmes économiques actuels, eu égard à la politique monétaire restrictive qu'elle impose. D'autres pensent au contraire que la politique monétaire n'est plus un instrument efficace car l'autonomie des politiques monétaires nationales a déjà largement été entravée par la mise en place du marché unique et des quatre libertés. Selon cet argument, la liberté de mouvement des capitaux associés à un système de taux de change quasi fixe (SME) signifie la perte de toute autonomie monétaire. Ainsi, l'Union européenne s'est transformée en une vaste zone Mark et par conséquent, faire l'UEM ne serait pas un coût mais au contraire l'unique opportunité de partager la décision monétaire avec l'Allemagne.
Ainsi, le débat sur l'euro est toujours d'actualité et il semblerait que la réponse à la question posée se situe, comme bien souvent en économie, non pas dans l'une ou l'autre de ces positions maximalistes mais plutôt dans une voie médiane. L'enjeu de la monnaie unique dépasse le strict cadre de la théorie économique ; il convient en effet de replacer le débat sur les répercussions de l'euro au sein d'une réalité plus complexe qu'est celle de l'intégration européenne dans son ensemble. En outre, les coûts et avantages de l'euro ne seront analysés ici que de manière statique, c'est-à-dire une fois celui-ci mis en place.
Nous analyserons donc respectivement les coûts et avantages d'une monnaie unique européenne ; puis nous les comparerons grâce à deux modèles qui nous permettront de synthétiser les enseignements de cette comparaison, avant de conclure sur le bien-fondé ou non de cette vaste entreprise européenne qui représente à n'en pas douter le principal objectif de l'Union européenne au tournant du troisième millénaire.