Résumé
Les relations économiques entre le Japon et la Chine ont été profondément transformées en ce début de millénaire. En 2003, Chine et Japon peuvent se regarder comme étant chacun le premier fournisseur de l'autre dans les échanges internationaux. Cela tient sans doute à l'importance des investissements directs japonais dans le domaine manufacturier. En effet, le Japon est devenu en 2001 le 3ème pays investisseur manufacturier en Chine, dirigeant, pour ce secteur, plus de ces investissements vers la Chine que vers les dix pays de l'ASEAN qui constituaient jusqu'alors leur principale destination. En 2002, les filiales japonaises en Chine avaient exporté 65% de leur production, dont plus de la moitié à destination du marché japonais.
Le renforcement de la présence des entreprises japonaises en Chine est allé de pair avec un changement d'objectif pour les nouvelles implantations dont un des facteurs déterminants a été l'entrée de la Chine dans l'OMC fin 2001. Jusque là, c'est une stratégie japonaise de plateformes d'exportation qui orchestre des implantations en Chine. Il s'agit de compléter l'activité des unités de production japonaises qui dans les pays voisins façonnent une division régionale du travail. Les établissements établis en Chine y assemblaient divers composants et sous-ensembles provenant des pays de l'ASEAN et du Japon, alors que les produits finis étaient exportés vers les marchés nord-américain, européen et japonais.
La Chine est devenue pour les entreprises japonaises une troisième base de production en Asie au même titre que le Japon et l'ASEAN. Mais désormais la Chine est envisagée comme un marché. Cela implique de fabriquer pour le marché local des produits attirants et, sur un autre plan, cela va poser la question de savoir si on y conduira des partenariats avec des universités et si on y ouvrira de véritables centres de R&D. On n'en est cependant pas encore à envisager des recherches et des productions à la frontière de la technologie.
Sommaire:
Introduction
I) Les attraits et les surprises du passage en Chine
1.1. Pourquoi donc aller en Chine ?
1.2. L'ère est encore celles des pionniers et des explorateurs
1.3. Florilège de mauvais souvenirs
1.4. Comment éviter le pire et espérer le meilleur
II) Critique de la raison économique
2.1. L'investissement japonais en Chine
2.2. Quels fondements au renforcement des relations économiques ?
III) Le traitement des doléances et des affaires qui n'arrivent pas à bonne fin
3.1. Les complications
3.2. Les moyens
3.3. Pour finir
Eléments de bibliographie
Annexes