Résumé
Les Firmes Multinationales (FMN) réalisent un chiffre d'affaires de l'ordre de 200 milliards par an sur la scène mondiale et pour certaines, les effectifs dépassent 400 000 salariés. La course actuelle au gigantisme, à travers les offres publiques d'achat, semble encore renforcer ce processus de concentration mis en évidence par Sraffa, qui annonçait que l'analyse doit abandonner la voie de la libre concurrence et suivre la voie opposée, celle du monopole.
Ainsi, il faut à la fois constater la tendance historique de la concentration, s'interroger sur son lien avec la mondialisation et mettre à jour les avantages supposés de la grande firme en formulant ceci : dans quelle mesure l'élargissement des marchés et la globalisation financière conduisent-elles nécessairement à de nouvelles formes d'économie d'échelle et un impératif de gigantisme pour les entreprises ?
L'étude peut, dans un premier temps, mettre à jour la corrélation entre mondialisation et concentration des entreprises en raison même de la mutation des marchés qui oblige au changement d'envergure. Dans un second temps, il fait révéler la tendance à une croissance externe et la diversité des formes de concentration. Enfin, une telle tendance est nécessaire pour prendre en compte à la fois la pérennité des petites entreprises, le rempart que forment les politiques anti-trusts et l'incertitude quant à l'efficacité même des concentrations.