Résumé
Une fiche de lecture très complète de l'ouvrage exceptionnel de Catherine Duprat intitulé "
Pour l'amour de l'humanité" sur la philanthropie parisienne dans la période révolutionnaire, cet "âge d'or de la philanthropie" où celle-ci se trouve érigée en valeur centrale. Un chef d'oeuvre riche en exemples, visages de ces "philanthropes", citoyens modèles de la Révolution.
Extrait:
C'est en effet dans le dernier tiers du XVIIIe siècle que le mouvement philanthropique se développe, à une période à la fois d'un ralentissement de la croissance qui semble révéler certains processus de déséquilibres sociaux, et d'assimilation consensuelle de l'enseignement des Lumières. Les « philanthropes » sont donc ces hommes qui, souvent techniciens ou financiers, et fondant sur leur « esprit de citoyen » un devoir d' « utilité » sociale, se penchent sur divers thèmes de la question sociale et multiplient les propositions humanitaires.
En particulier, la réflexion se centre sur la réforme de l'assistance (où l'on oppose notamment à la réclusion hospitalière les mérites des soins à domicile), la mendicité, la justice criminelle qu'il s'agit d'humaniser, les systèmes de prévoyance inspirés des progrès de la statistique... Si cette réflexion est dense et les projets nombreux, Catherine Duprat insiste sur la complémentarité, dans la démarche philanthropique, des versants théorique et pratique ; ainsi, des expériences concrètes voient alors le jour, comme les « bureaux de charité » de Turgot.