Résumé
Une réflexion fascinante sur la place du corps et de l'esprit dans la société anglaise du 19ème siècle, rongée par la pauvreté. Du point de vue de la charité chrétienne, de la morale victorienne, ou de la pensée sociale, comment prendre en compte le corps et l'esprit des pauvres gens? Quel type de réformes - morales, ou institutionnelles - proposer?
Extrait:
Le secours des pauvres est depuis toujours un souci pour l'individu comme pour la collectivité, il répond à des motifs de l'ordre du devoir religieux, moral ou civique. En Grande-Bretagne au XIXe siècle, l'industrialisation rapide accroît la visibilité d'une pauvreté qui à la fois émeut et fait peur, qui en tous cas pose problème et exige de l'action. Dès le début, cette pauvreté est comprise comme pauvreté à la fois du corps et de l'esprit. Elle s'inscrit dans un contexte économique qui fait naître une classe ouvrière soumise à la précarité matérielle, et dans un processus socio-culturel de détachement religieux de ces classes. Comment donc la société, et plus précisément la philanthropie victorienne prend-elle en compte le corps et l'esprit des individus ? Le fait que, dans le domaine philanthropique, les considérations scientifiques se substituent progressivement aux considérations religieuses n'entraîne-t-il pas un transfert d'intérêt de l'esprit vers le corps ? Comment comprendre cette évolution ? [...]