Résumé
C'est un fait que dans toute société moderne se retrouvent les mêmes structures sociales, soit les classes, les groupes et les catégories. Or les transformations économiques, politiques et sociales de ces derniers siècles, et plus particulièrement pour nous ici, du XX° siècle et de la période d'après-guerre, ont entraîné un besoin de « réactualisation » des définitions des composantes de ces structures, ainsi que la création, puis l'affirmation, de nouvelles « pièces » de la société, comme la jeunesse. Selon Gurvitch, un groupe social est ainsi « une unité réelle, mais partielle, directement observable et fondé sur des attitudes communes, continues et actives, ayant une œuvre commune à accomplir ».
S'appuyant sur ces travaux préparatoires, il semble, à l'heure (entamée déjà depuis de nombreuses années il est vrai) de l'agrandissement du fossé inter-générationnel, légitime de s'interroger sur le statut qu'occupe cette jeunesse essentielle et désormais si chère à la pensée occidentale ; les jeunes constituent-ils un groupe social ?
Nous verrons qu'il existe bien une « culture jeune » en opposition à celle des adultes, mais que cette jeunesse est en elle-même très hétéroclite et ne forme pas un groupe social.